Courriers édifiants.
12/11/2006 - Lu 1266 fois

Lorsque l'incurie est érigée en règle...
Révélateur d'une situation :
Lettre ouverte aux décideurs de Guyane.
23/04/1997
La piste de la honte dans le département de la honte.
Comment ne pas faire des bonds quand Monsieur DIDIER: Secrétaire Général aux affaires économiques régionales déclare : « Je crois en un fort potentiel du tourisme en Guyane. Il faut encourager les petites structures en milieu rural. »
Comment ne pas avoir les cheveux qui se dressent sur la tête quand Monsieur PANELLE: Président du tourisme de la Guyane déclare : "Le tourisme est désormais pris en compte comme un véritable axe du développement économique de la Guyane".
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Comment ne pas avoir la chair de poule quand Monsieur KARAM: Président du Conseil régional de Guyane déclare : "L’environnement est la plus grande richesse de la Guyane, et l’écotourisme la ligne fondamentale du tourisme. Je salue les initiatives de ces pionniers respectueux de la nature qui exercent leurs activités dans les communes de l’intérieur... et souhaite que la Guyane, dans un avenir proche devienne une référence mondiale en matière d’écotourisme".
Rien que ça !
Alors Messieurs, attelez vous à la charrue parce qu’il y a du travail. Ce n’est sûrement pas vos belles déclarations ronflantes, les congrès, les réunions, les séminaires, les symposiums, les "Je m’écoute parler" qui vont développer le tourisme dans notre département.
Nous apprendre qu’après un travail acharné (je suppose) comme celui de l’ARUAG que : "les ressources touristiques sont riches mais inexploitées et très peu aménagées". Vous auriez consulté n’importe quel professionnel du tourisme; en peu de temps (5 mn); le constat eût été le même à peu de frais. On enfonce des portes ouvertes. De qui se moque-t-on ?
Comment ne pas avoir les tripes qui se tordent quand on constate que le peu d’infrastructure existante est pour certaine laissée à l’abandon ; et pas des moindres.
Mais peut-être Messieurs ne connaissez-vous pas le site des chutes Voltaire ?
Le site guyanais le plus fréquenté en 94 et 95. Plusieurs milliers de visiteurs par an.
Les touristes débarquant de Métropole l’ont sur leur documentation. Des cassettes vidéo ont été éditées. Ces chutes font partie du patrimoine touristique guyanais. Et en plus : ELLES SONT AMENAGEES : 500.000 Francs d’investissement : réalisation remarquable.
Mais voilà ; quand on débarque à Cayenne, comment aller à ces fameuses chutes ? St Laurent. Et ensuite ? Il existe bien un pauvre petit toucan tout crasseux ; mais qui le voit ? Il faut se renseigner. Aucun panneau n’existe. Les plus débrouillards arrivent à trouver la fameuse piste de Paul Isnard. Après s’être égarés à divers carrefours ; ils parviennent à 70 Km de St Laurent, ils sont presque arrivés et là, stupeur, un bourbier barre la piste : infranchissable : demi-tour, parfois en pleine nuit.
Bravo la Guyane, je reviendrai et surtout j’en parlerai autour de moi.
Et le pauvre fou d’aubergiste qui a investi plus d’un million de francs au cœur de la brousse, qui croyait, le rêveur, tout en participant à son propre développement, agrandir le patrimoine touristique de la Guyane, qui a cru aux belles promesses hypocrites et qui ne voit pas un client depuis le début de l’année alors que les charges courent et qui au plus fort des pluies ne pouvait même pas rentrer chez lui.
Qui s’en soucie ?
Sûrement pas ceux qui pérorent dans des bureaux climatisés.
Des appels hebdomadaires à Monsieur BALLANDRAS : Directeur du cabinet du Préfet, ont reçu des réponses rassurantes et diplomatiques. « Je ne vous promets pas sous 24 heures, mais il faut que vous puissiez rentrer chez vous ». Il n’avait pas précisé quand. Et trois mois se sont bientôt écoulés.
Résultat, ramassage de 6 tonnes de graviers, chargées à la pelle, dans mon véhicule, déchargées et étalées au râteau. Pas moins de douze voyages. De la folie ; pour faire un passage de 2O mètres de long, pour pouvoir rentrer chez moi et espérer quelques téméraires clients. Un particulier obligé de palier à l’incompétence des « responsables »...
165000 francs de subventions pour une « ferme pédagogique » (je n’ai rien contre, je ne fais que le parallèle). Zéro francs de subvention pour une auberge de trente lits et quatre vingt quinze places en hamacs. Réalisation remarquable, résultat de deux ans de travaux de fou (pour qui connaît la Guyane). 100.000 FF de subvention à l’ONF pour boucher trois petits trous sur la piste. Bravo Messieurs ! Vous développez le tourisme... ONF qui devant faire un piquetage de la future ex future route d’Apatou a, avec son 4X4 fait comme tous les touristes, demi-tour au P.K. 70. Résultat aujourd’hui, cette même Administration fait rénover quelques petits morceaux de piste jusqu’au P.K. 30 dans des parties saines n’ayant jamais posé le moindre problème aux automobilistes. Manque de bonne volonté ? Acceptation de la facilité ? Je-m’en-foutisme à tous les étages ? Volonté de nuire ou de faire le contraire de ce qu’il est nécessaire ?
Messieurs les responsables, les décideurs, les Elus, jamais vous ne développerez votre Département en matière de tourisme car vous êtes incapables d’entretenir votre patrimoine déjà existant. Et oui ! L’entretien n’a jamais été médiatique ; il vaut mieux inaugurer.
Messieurs les décideurs, vous lassez les bonnes volontés, vous finissez par dégoûter de tout, ceux qui ont envie de travailler et d’entreprendre et après 20 ans de Guyane, presque une vie, vous ne laissez qu’une part de rêve à ces bâtisseurs que vous ruinez : quitter ce Département que vous ne développerez jamais en matière de tourisme si vous persistez dans cette voie.
KLEINHOLTZ
Auberge des chutes Voltaire.
B.P. 229 97393 Saint Laurent Cedex.
Quand l'actuel directeur régional de l'ONF se mêle de ce qui ne le regarde nullement...
Nous nous demandons encore quelle pourrait être la raison motivant une telle attitude.
Bizarre qu'une administration, service public chargé de la gestion et de l'aménagement des espaces naturels ait le temps de s'immiscer dans la gestion - pourtant exemplaire - d'une auberge en zone éloignée, véritable oasis en pleine jungle. Ce gestionnaire n'aurait-il pas été plus inspiré en signalant les dangers des sites naturels environnants ?
Saint-Laurent du Maroni, le 17/02/2004
M. et Mme KLEINHOLTZ Jacques
AUBERGE des Chutes Voltaire
BP 229
97393 Saint-Laurent Cedex.
A
Monsieur le Président de la République
Monsieur le Président,
Le 11/08/1992 mon épouse et moi-même avons racheté à l'armée les matériaux et bâtiments du camp Voltaire situés à 75 kilomètres de piste de Saint-Laurent du Maroni. Après deux années d'efforts incessants et des investissements conséquents, nous avons créé entièrement sur fonds propres, l'actuelle auberge des chutes Voltaire qui fait aujourd'hui partie intégrante du patrimoine hôtelier de la Guyane et est aux dires de la clientèle par ailleurs grandement fidélisée, une des plus belles auberges du département.
Etant situé sur le domaine privé de l'Etat et assujetti à la taxe foncière sur le bâti en tant que propriétaire sur terrain d'autrui, j'ai sollicité votre intervention en 1995. Réponse référencée : SC/2/198371. Dossier transmis à M. le préfet de la Région Guyane qui le transmet à M. le directeur des services fiscaux.
Nouvelle tentative auprès de M. le préfet de la Région Guyane en 1998.
Puis en 2000, auprès de M. le Député maire Léon Bertrand qui intervient auprès de l'EPAG.
Nouvel essai auprès de vous-même en mars 2001. Réponse référencée SCP/2/1098371. Dossier transmis à M. le préfet de la Région Guyane.
Le 12/01/2002 la DDAF diligente une enquête sur place et transmet aux services fiscaux de Guyane un dossier concluant "Terrain entièrement mis en valeur. Avis favorable à la cession gratuite".
Le 14/08/02, j'envoie un dossier complet à M. le préfet de la région Guyane. A cette époque, des informations me parviennent stipulant que l'ONF s'oppose à mon accession à la propriété foncière.
En avril 2003, suite à ma requête, M. le Secrétaire d'Etat au Tourisme "Charge bien volontiers son directeur de Cabinet de saisir le directeur de l'ONF Guyane en lui demandant des éléments d'information…".
Les raisons invoquées par M. le directeur de l'ONF Guyane sont plus que surprenantes et à mon sens, outrepassent ses attributions (Photocopie ci-jointe). Selon lui, je suis "un propriétaire qui est loin d'avoir fait la démonstration de ses compétences et de sa motivation (accueil de qualité moyenne et surtout très irrégulière). Un bail emphytéotique peut être envisageable pour préserver en cas de défaillance ou grave insuffisance du titulaire dans ses activités d'accueil la continuité d'une exploitation commerciale effective du site". Autrement dit, conserver et se placer dans la possibilité de récupérer mon investissement au profit d'un éventuel tiers. Monsieur Borderes est-il directeur ONF ou expert en restauration et hébergement ? Aurait-il déjà fréquenté mon établissement ?
Propos réitérés dans un courriel expédié en décembre 2003 à l'attention de Mme HAMELIN Julie de la préfecture de Guyane en réponse à sa question concernant le dossier foncier. Courriel relatant "Mon manque de professionnalisme" et que "Je n'avais pas encore fait la preuve notoire de mes compétences". Que vient faire un jugement sévère, personnel, subjectif dans une enquête foncière ?
Mon épouse et moi-même sommes restaurateurs en Guyane depuis 1982. Nous exploitons l'auberge des chutes Voltaire depuis 1994. Si les termes employés par M. le directeur de l'ONF étaient en phase avec la vérité, si notre notoriété était basée sur le manque de compétences, il y a longtemps que nous aurions fait faillite faute de clientèle.
M. le Président, afin de contrecarrer ce que je ne peux que considérer comme une cabale honteuse élaborée dans un but qui m'échappe, je me permets de vous adresser la copie intégrale de mon livre d'or. Les mots professionnalisme et accueil y figurent bien mais employés différemment. En 1997, le directeur de la SODEXO m'avise que j'ai été mal informé et "Qu'ils connaissent l'excellente réputation de mon auberge". Photocopie ci-jointe.
Le France-Guyane du 25/12/1998 nous consacre une page parlant bien de professionnalisme et de clients satisfaits. Photocopie ci-jointe.
M. le Président, à ce jour tous les partenaires impliqués dans le règlement du foncier en Guyane sont unanimes et favorables à mon accession à la propriété foncière des trois hectares que j'occupe :
M. le directeur des services fiscaux, le Conseil Général, la commune de Saint-Laurent du Maroni, la DDE, la DRIRE et la DDAF. Seul contre tous et via des écrits à caractère diffamatoire, le directeur de l'ONF s'y oppose.
Monsieur le Président, j'exploite mon entreprise en bon père de famille et en bon professionnel honorablement connu dans un métier que j'exerce en Guyane depuis 22 ans. Une Commission foncière se réunit le second jeudi de mars. J'ose solliciter de votre haute autorité, au vu des pièces jointes, une intervention auprès de M. le directeur de l'ONF afin qu'il se rallie à l'avis général.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de mon profond respect.
KLEINHOLTZ Jacques
PJ: 3
Copie livre d'or.
Courrier SODEXO
Courrier ONF à M. BERTRAND Léon.
Ampliation:
M. le Secrétaire d'Etat au Tourisme.
M. le préfet de Guyane.
Et celui-ci, endate du 7 novembre...
EN TANT QUE RESPONSABLE DE L'AUBERGE DES CHUTES VOLTAIRE , je tenais à adresser toutes mes condoléances à la famille DES DEUX FRERES DISPARUS AUX CHUTES DU VIEUX BROUSSARD;
je tenais à préciser que si je n'avais pas eu de tel sat pour prévenir les secours et bien cela aurait été encore plus pénible pour intervenir et retrouver les corps car ni les gendarmes, ni les pompiers ne pouvaient communiquer avec l'exterieur et organiser correctement les secours.
JE LE DIS, j'ai adressé plusieurs courriers a MONSIEUR le ministre du tourisme, de l'interieur, également à Monsieur leon BERTRAND, et au conseil général et toujours aucune mesure concrete pour refaire cette piste de Paul Isnard et entretenir le layon des chutes et baliser celui des deuxiémes chutes qui représentent 7 chutes au total dont seul une représente un danger plus important.
Sans parler des inserlbergs que les touristent plus avertis découvrent à 1.2 km de marche des 2 emes chutes où le danger et encore plus important, 315 m de pente abrupte.
Bref le danger est partout, cela fait 15 ans que nous tenons l'auberge et nous sommes, et je m'en réjouis, surpris que pas plus d'accidents ne se produisent.
Pour vous donner une idée environ 120 personnes ont foulé le site des chutes voltaire et certainement 1/4 les deuxiemes.
La piste est dangereuse mais praticable par toute sorte de vehicule, il faut rouler doucement.
Le risque de se perdre en foret ou d'etre surpris par la nuit sans y être préparé est réel.
Le risque de se noyer est réel.
Le risque est partout même chez vous alors il faut etre tres prudent.
Mais où c'est inadmissible c'est que le risque pourrait etre divisé de moitié en informant les gens, et cela n'est pas fait.
Ce n'est pas en mettant un panneau baignade interdite que l'on empechera un jeune de se baigner mais en lui indiquant le danger en lui expliquant et voir en mettant des structures en place pour prévenir l'accident.
J'ai placé des pancartes de fortune pour ne pas que les gens se perdent pour arriver au bout de la route pour aller aux chutes voltaire.
J'ai fait une zone de posé d' hélicoptère avec mes propres moyens pour permettre aux secours d'intervenir, j'ai mis à disposition mon tel sat et mon carbet pour que les secours au retour puissent se restaurer et souffler un peu.
Un grand bravo au pilote de l'helico pour son vol stationnaire au dessus des chutes à 80 cm des arbres c'etait ça ou rien.
Bravo aux secouristes qui travaillent avec de petits moyens. Il fallait les faire les 8 heures de marche depuis l'auberge all/retour.
J'espere qu'il y aura une prise de consience de nos élus car le site des chutes de l'ouest guyanais commence seulement à faire parler de lui
Commentaires :
08/09/2007 - - Courriers édifiants.
Votre exposé est très courageux, je me demande encore comment vous avez supporté de telles choses;arrivé depuis un an en guyane, je voulais ajouter à mon blog un article sur les possibilités d'évolution de la guyane et je vois que la première pierre est posée et que l'on attend la deuxième...Pourquoi ? Les jalousies sont féroces et l'ambiance est proche de ce qu'était le far west! Encore bravo pour votre ténacité je ne manquerai pas de passer vous saluer si je franchis le bourbier ! Dom