Faut-il faire payer un droit d'accès aux sites naturels de Guyane ?
Faut-il rendre payant l'accès aux sites naturels de Guyane ?
Ceux-ci sont victimes de leur succès. Ce succès peut être facilement mesuré simplement par l'examen de la quantité d'immondices le dénaturant.
Une chose est certaine : Le problème ne se limite pas à la seule Guyane; il est planétaire !
A l'instar du reste de la Guyane, les sites naturels du département sont victimes de l'incivisme et de l'irresponsabilité ambiante.
A l'issue de leur balade prétendument écologique les promeneurs abandonnent sur ces sites leurs déchets. Comment contrer ce comportement lamentable ? Reconnaissons tout d'abord qu'il n'est pas vraiment dans les attributions de l'ONF - gestionnaire des espaces naturels – de procéder au nettoyage des sites concernés. Il sera toujours possible de philosopher sur le bien fondé de l'existence de fosses à ordures implantées ça et là sur les lieux les plus fréquentés. Ces simples trous dans le sol sont non seulement source de pollution mais leur présence est de nature à laisser croire qu'il est normal d'abandonner sur place les déchets. Le fait que ces fosses ne soient pas régulièrement vidées n'est que la suite logique du désengagement de l'ONF de ses missions de service public. Il est vrai aussi que l'on trouve aussi des ordures ailleurs que dans les fosses creusées par l'ONF.
Que se passe-t-il sur le terrain ?
Encore une fois - et même si s'agissant de fosses à ordures le terme pourra choquer - la Métropole impose en Guyane des schémas qui lui sont propres. Le promeneur lambda voit une fosse à ordure ? S'il lui reste un brin de civisme, il y déposera ses détritus. Rien ne saurait d'ailleurs lui être reproché puisqu'il aura été encouragé en ce sens ! Un autre moins scrupuleux les abandonnera n'importe où. C'est le comportement typique du singe et plus globalement de tous les animaux. Dans la nature, là où l'homme est absent et où les seules populations sont animales, force est de constater que règnent harmonie et propreté ! Les seuls déchets y étant biodégradables. Rares désormais sont les bons samaritains anonymes autant qu'emplis d'abnégation, ramenant non seulement leurs déchets à leur véhicule mais aussi ceux des autres !
Beaucoup plus abondants par contre sont ceux en ayant marre d'être obligés de camper sur la merde des autres.
Pas question de cibler ici sur une race, une ethnie, une nationalité particulière. En terme de crasse peu déçoivent et beaucoup peuvent prétendre au trône du royaume de Cradoquie.
Des sales cons sont passés, leur merde reste. Quelle solution ?
La formule "Penser globalement, agir localement" est évidemment applicable dans le cas d'espèce. Les solutions seront toujours et obligatoirement contraignantes. Rendre payant l'accès au site ?
Premier constat suite à une action répressive : La disparition des semeurs de merde et autres cradingues ! Avec un bel ensemble, toutes les personnes concernées diront que les bons paieront pour les mauvais. Vécu :J'ai été personnellement confronté à ce type de situation. Alors agent de l'ONF dans les Pyrénées Orientales, j'étais notamment responsable d'un site classé pittoresque à proximité de Font-Romeu (Route de montagne menant au barrage des Bouillouses), connaissant une très forte fréquentation touristique. Douze kilomètres à surveiller la haute vallée de la Têt, rivière arrosant Perpignan… La culture gastronomique locale était focalisée sur les grillades d'escargots, saucisses, côtelettes. Preuve de préméditation : En provenance de la plaine catalane, les voitures dominicales portant le petit fagot de sarments de vigne n'étaient pas rares. Comme partout, certains touristes abandonnaient leurs détritus sur place. D'autre part, la forêt de Barrés était très sensible aux risques d'incendie. Culture ou pas, j'étais sans pitié et appliquais la tolérance zéro. Qu'il s'agisse d'amateur de grillade ou auteur de dépôt sauvage d'ordures, je verbalisais systématiquement. Ganté pour l'occasion, il m'arrivait souvent de faire l'inventaire de sacs de déchets. J'y découvrais la plupart du temps une adresse (Courrier, PV d'infraction au code de la route (!), bande d'envoi de journal, etc.). Je verbalisais donc sans état d'âme. Bilan : J'avais mauvaise réputation mais la route des Bouillouses était propre. Très propre même. C'est bien là la preuve irréfutable que s'attaquer au portefeuille des gens amène immanquablement chez ceux-ci à une réflexion salutaire. Preuve également qu'un minimum de volonté débouche toujours sur des résultats et que les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'on refuse de livrer.Aspect comique de l'action et démontrant de la franchise des usagers : Si j'ai fait beaucoup de PV d'infraction, je n'ai jamais rencontré un honnête citoyen avouant être un gros dégueulasse. Rien que des gens propres ! A croire que les diverses immondices rencontrées n'étaient que les fruits malodorants d'une génération spontanée… Comme quoi la franchise a aussi ses limites !
Faire payer un accès à un site naturel ? Pourquoi pas ? Il faut bien quelque part en finir avec cette politique d'assistanat systématique et à tout va. Il ne saurait pourtant être question en la matière de réclamer un service public gratuit. Je ne suis pas vraiment du genre à idolâtrer l'ONF mais il n'est pas dans les attributions d'un agent forestier de jouer le rôle d'un éboueur. Normalement, l'ONF est là aussi pour verbaliser le contrevenant. Combien de PV en la matière ? Je dois avouer ne pas en avoir donnés au cours de mes neuf ans de service en Guyane.
L'époque est à tout, sauf à la répression. La faiblesse se dissimule sous la compréhension, la recherche d'excuses, la minoration de la faute. Il conviendrait à mon avis de sous traiter la gestion de l'affaire. Une convention impliquant ONF et mairies des territoires concernés pourrait être passée avec une structure privée chargée de l'entretien des sites.
Le message à l'attention de l'usager est simple : "Vous payez le droit d'accès à ce site. Avec cet argent, nous l'entretenons".
Les problèmes ?
Il y aura toujours un contestataire regrettant que l'argent s'immisce partout. On entend déjà les protestations du fier lokal arguant que la Guyane, "c'est pays mwé".
Que faire payer ?
S'il est difficile voire hors de question de rendre payant l'accès au site proprement dit, il sera toujours possible d'appliquer des frais à un parking pour peu qu'il soit aménagé. De plus, savoir qu'une surveillance de celui-ci existe peut être rassurante pour le promeneur.
S'agissant plus particulièrement des sites des cascades Voltaire et Vieux broussard, je propose une solution toute simple : Un service de navette assurant un service journalier entre Saint-Laurent et les chutes pourrait être instauré. Une taxe d'entretien des sites pourrait être incluse au prix du transport et reversée aux services compétents. Compte tenu de l'état de la route, peu de gens rechigneraient à verser leur écot. Si de surcroît ils savent que cet argent assurera un minimum de propreté des sites, ils l'accepteront d'autant plus facilement. Le calcul sera vite fait : Entre les risques de dommages causés au véhicule léger, celui de rester planté dans un bourbier… La fréquentation du parking par des véhicules privés serait donc en baisse sensible. Cette solution présente l'avantage de regrouper dans un forfait de transport. Par voie de conséquence, elle évitera les questions des futés de service et qui ne manqueraient pas d'être soulevées par la mise en place d'un parking payant au niveau de l'auberge : - Moi, je suis venu en bicyclette... - Moi, je n'ai pas à payer car j'ai garé mon véhicule avant et n'ai pas utilisé le parking... - On peut payer par carte ? Ce serait la porte ouverte au copinage et on atteindrait vite le domaine de l'ingérable !
Il est clair que la situation actuelle d'anarchie ne saurait perdurer. Un jour ou l'autre, il faudra bien - et surtout en ville – verbaliser l'imbécile doublé d'un salopard jetant ses canettes et papiers gras. Il n'y a pas de liberté sans contraintes. Beaucoup de contribuables sont lassés de payer pour ramasser les merdes d'une bande de conchons à deux pattes ! Comme la preuve est largement faite qu'il est utopique de compter sur l'autodiscipline et le civisme des gens, il appartient aux responsables de les faire payer pour un service. Ce n'est qu'une question de volonté. L'aura-t-on ? Dans un pays où l'on acquitte les tortionnaires, il est permis d'en douter. Dans un pays suffisamment riche pour construire des boulangeries-cafetarias en pleine jungle, de subventionner à outrance des églises, il reste encore place à l'espoir…
Car enfin, les très coûteuses campagnes télévisées, par affichage, etc. affirmant que la Guyane n'est pas une poubelle… Les divers mayuris de nettoyage des plages et autres lieux… Les bonnes volontés… Tout ceux-là ont montré leurs limites.
Il faut faire payer les pollueurs !
Pourquoi ne serait-il pas possible d'affecter à des travaux d'intérêt public tels que du nettoyage la poignée de branleurs fouteurs de merde et autres petits délinquants si doués et motivés pour "égayer" nos rues et nos nuits ? Juste histoire de les faire renouer avec les notions de collectivité, de civisme, de responsabilité et afin que ces insouciants adeptes de bruyants boosters découvrent les joies de la marche à pied et du travail en plein air ? Ce serait également l'occasion pour l'éternelle chorale de tous ces braves humanistes bêlants de partager le malheur de ces "pauvres petits qu'il ne faut pas brutaliser"…
Il faudra de toute façon trouver une solution. Faute de quoi, une des dernières forêts tropicales humides deviendra une poubelle à ciel ouvert et la Guyane continuera à coller de plus en plus à l'image d'un sinistre pays de guignols. Au royaume de l'inertie et de l'irresponsabilité généralisées, c'est d'ailleurs sur cette pente que le département s'est engagé et semble se complaire. C'est bien cette image désastreuse qui est trop souvent visible sur le terrain, loin de ces bureaux climatisés où décideurs et exécutants pantouflent en choeur tout en attendant la retraite.
Quant aux âmes sensibles qui pourraient être choquées par les termes de ce texte, je me bornerai à leur dire que si les gens étaient propres et respectueux, ce document n'aurait pas lieu d'être. C'est malheureusement très loin d'être le cas.
Commentaires :
Copie d'un commentaire auquel j'adhére totalement :
30/12/2006. je viens de lire votre article "faut il faire payer" bien entendu je ne suis pas d'accord, ni pour payer ni pour organiser des navettes aux chutes Voltaire mais je crois être encore plus "extremiste " que vous en deplorant (le mot est faible) le manque de repression (oui de la repression systematique) je suis sûr qu'il est preferable d'investir un maximum sur des emplois d'agents assermentes pour verbaliser sans aucune faiblesse ni comprehension les degueulasses qui pourrissent la nature, la vie des autres, les rues, la ville. Cette repression est le seul argument reellement compris par ces abrutis complètement déresponsabilisés et qui se trouvent toutes les bonnes raisons pour agir de la sorte. une repression efficace et sans failles (le plus difficile en Guyane) est le seul moyen pour arriver a terme a freiner la transformation des sites naturels de la Guyane en gigantesques poubelles.
Ces connards ne comprennent qu'une chose : la loi du plus fort , que les pouvoirs publics montrent qui est le patron ! je ne vis pas en Guyane, j'y viens regulièrement voir mon fils et nous y faisons d'inoubliables sorties en foret, Belizon, Kimbekio, Voltaire etc.. Je ne vis pas en Guyane mais ça ne m'empêche pas d'aimer la nature et les espaces de liberté. Il est urgent que des decisions radicales soient prises. Arretons de "comprendre" et de faire de la pedagogie avec ces abrutis. On sait trouver de l'argent pour des campagnes publicitaires ( si la nature était juge ...etc ) autant incomprehensibles pour une population au 1Er degré ( c'est pas un reproche) qu'inutile pour une population qui s'en balance.
Sincérement J-luc Réponse de guyanecho : Je suis OK 100% avec vous et pour faire payer les pollueurs. Je suis aussi partisan d'une politique répressive, en ayant marre - passez-moi l'expression- de payer pour rien sinon marcher dans ou ramasser la merde d'un ramassis de j'en-foutres ne méritant que la trique. Mon propos ne se voulait qu'une proposition, émanant de quelqu'un au moins aussi indigné que vous par le comportement de ceux que 'ai du mal à considérer totalement comme mes semblables.
17/01/2007 - - Accés payant ?
Ce serait dommage de faire payer l'accés à des sites naturels mais un grand merci aux imbéciles qui obligeront les autorités à en arriver là... Il n'y a aucune excuse à la saleté.