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GUYANECHO
Guyane, Amazonie française
Sans langue de bois ni complaisance
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Perdu en jungle.

14/04/2007 - Lu 3069 fois
Se perdre en forêt. Comment éviter l'accident. Conseils divers.

La perte en forêt.

Qui ne s'est jamais perdu en forêt, au moins quelques instants ? Je dois reconnaître que cela m'est arrivé plusieurs fois. Si je m'en suis sorti, c'est parce que les zones considérées n'étaient jamais trop éloignées de pistes ou points connus. Je n'ai jamais eu à passer une seule nuit en forêt alors que j'étais perdu. Une fois, suivant des pistes de débardage, je me suis retrouvé assez loin de ce sur quoi je m'attendais à tomber. C'est ce jour-là que j'ai vraiment compris avec quelle facilité il est possible de s'égarer mais aussi l'imperfection du raisonnement consécutive au stress ressenti.

Parce que j'étais vraiment conscient des risques je prenais un maximum de précautions.

C'est grâce à cette prise de précautions que mon épouse et moi-même nous enfoncions de nuit en forêt, sans layon, chacun de notre côté, accrochions notre hamac filet et y passions toute la nuit à l'affût. Sensations garanties...

Puissent les quelques conseils ci-dessous, aussi incomplets et imparfaits soit-ils éviter à l'usager de la forêt guyanaise, au touriste de passage, au randonneur occasionnel de connaître l'angoisse de la personne perdue en forêt.
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Avec la chute d'arbres, se perdre en forêt constitue le principal danger de la forêt guyanaise et ne doit pas être pris à la légère. D'ailleurs, de très nombreuses personnes se sont perdues en forêt guyanaise. Certaines n'en sont jamais sorties, n'ont jamais été retrouvées. Sans vouloir faire dans le sensationnel, souvenez-vous du titre d'un livre consacré à l'aventure d'Edgard Maufrais : DEVORANTE AMAZONIE. La forêt guyanaise est un monument végétal, d'une extrême complexité, magnifique, envoutante, à la fois puissante et fragile, généreuse et cruelle. Elle apparaitra à beaucoup comme une sorte d'Eden primitif mais pardonnera rarement les erreurs. Parfois la jungle absorbera et ne rendra jamais les imprudents ne respectant pas certaines consignes.

La jungle est vaste, ne présente que de rares points remarquables. Il est particulièrement aisé de s'y égarer, surtout pour des européens arrivés depuis peu sous les tropiques et dont la "boussole intérieure" n'est pas encore calée. D'ailleurs, le sera-t-elle jamais ? Il n'est pas rare que les disparitions momentanées concernent même des locaux, souvent rompus à la forêt guyanaise.

Comment se perd-on ?

Le plus facilement du monde. Une faute d'inattention, en suivant un gibier, en quittant un layon, en traversant une zone à la végétation peu dense, en jugeant superflu de marquer son passage, la certitude de maîtriser la situation, en essayant d'échapper aux attaques de guêpes en furie…
Il est possible de se perdre à quelques dizaines de mètres de la piste qu'on vient de quitter ! On commence à chercher son chemin, on part dans la mauvaise direction, on s'affole…

Vécu : Au cours d'une énième partie de chasse de nuit sur un layon, je tire un pac, Je quitte le tracé et le ramasse. Revenu sur le layon, je l'emprunte à sens inverse et ne m'en rends compte qu'une fois arrivé au bout. J'avais pourtant ouvert personnellement ce layon et le connaissais bien.

Evoluer en milieu forestier guyanais n'est jamais une affaire à prendre à la légère et peut s'apparenter à une forme de "navigation sous-marine". La visibilité y est réduite, l'environnement quasiment uniforme, la lumière solaire diffuse.


Par définition nous considèrerons toute immersion en forêt comme profonde à partir du moment où le retour ne pourra être effectué dans la journée. Il conviendra de toujours se placer en position de retour.
Exemple :
Ne pas pénétrer en forêt en laissant votre véhicule embourbé. Toujours extraire celui-ci avant d'entrer en forêt de façon à ne pas se retrouver avec un véhicule à extraire - éventuellement avec un blessé - et pouvoir mettre rapidement en œuvre une éventuelle évacuation rapide.

Les précautions de base :

Certaines d'entre elles pourront paraître évidentes, voire inutiles mais il ne sera jamais ridicule de les observer. Ne pas oublier que les cimetières sont remplis de héros.

Connaître ses aptitudes et limites


Comme dans beaucoup d'autres entreprises ou activités, il ne faut surtout pas se surestimer. En forêt amazonienne, la progression n'est pas toujours facile, le relief, la nature du terrain tout comme la densité de la végétation peuvent constituer autant de freins ou éléments réduisant les distances parcourues. De plus, la transpiration et les pertes d'énergie y sont considérables.
En-dehors des inselbergs et quelques "montagnes" il n'y a pas de dénivelés très élevés en Guyane mais il existe des successions de très fortes pentes très rapprochées dans lesquelles on transpire énormément. L'addition de ces multiples dénivelés sera toujours importante. Si l'on y ajoute le fait que la perte d'énergie et la fatigue sont décuplées par le climat allié à la répétition des efforts à fournir... De plus, le relief en peau d'orange dans ce qu'il a de pire lorsqu'il est serré est cette impression qu'il laisse que ça n'en finira jamais, ce qui est de nature à saper le moral.

Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec la légende de la Guyane pays plat !

En parcours non préalablement layonné, il est raisonnable de tabler sur une distance moyenne journalière parcourue de quatre kilomètres environ.

Etre conscient des risques…
Il faut garder présent à l'esprit – sans que cela tourne à l'obsession - que la possibilité de se perdre reste toujours présente, même pour les personnes les plus expérimentées et en zone considérée comme "connue". Faire preuve d'humilité et admettre que de plus malins, plus forts que vous se sont égarés et ont connu de graves problèmes dans ce milieu naturel.

Disposer de cartes récentes et précises
Surtout en cas d'incursion en zone non habituellement fréquentée, il conviendra dans un premier temps d'étudier les documents topographiques avec un maximum d'attention.

Savoir d'où l'on part…
Mémoriser les lieux et leur orientation. Il est important de connaître l'axe général d'une route, d'une piste. Par exemple, la piste de Paul Isnard est Nord-Sud.  Ne pas oublier non plus que les points remarquables sont pour ainsi dire inexistants.
Bien avoir intégré le fait que les cours d'eau sont la plupart du temps sinueux et s'éloignent largement de leur axe général. C'est ainsi que suivre une crique peut s'avérer laborieux. En effet, deux boucles peuvent être très proches l'une de l'autre alors qu'en parcourir les berges représente une longue distance.
Vécu : Dans la région de "Couleuvre" sur la Mana, deux courbes de ce fleuve sont à moins de 5 minutes à pieds l'une de l'autre alors que le parcours en pirogue d'un virage à l'autre prendra une vingtaine de minutes !

Savoir où l'on va…
C'est tout de même la moindre des choses ! Autant que faire se peut, il est conseillé de disposer – information précieuse - des coordonnées géographiques du but à atteindre. Dans la négative, une description la plus précise possible de la destination. Celle-ci pourra être un saut, une crique, un lieu de campement, une plage, une chute d'eau, un sommet… Evidemment, l'objectif sera - avant le départ et par prudence élémentaire - communiquée aux proches avec un maximum d'informations.
Déterminer les itinéraires de sortie possible en cas de perte. Ceux-ci seront fonction des bassins versants et des distances à parcourir en fonction des points à rejoindre.

Apprécier la difficulté du parcours

Pour une pénétration profonde de plusieurs jours il ne s'agit pas de foncer tête baissée sur un orientement donné. Il faut au contraire examiner les documents cartographiques et sur la base des indications recueillies :

Etablir un itinéraire adapté.
Pour ce faire, il sera tenu compte des mouvements de terrain. Le relief en peu d'orange détermine des pentes très fortes. Les gravir et les descendre à répétition additionne les dénivelés, ce qui peut très vite se révéler épuisant et il sera souvent préférable de contourner certains reliefs.
Déterminer à l'avance des lieux de bivouac sur la base d'une progression moyenne raisonnable. Il sera préférable d'opter pour une cadence soutenue sans être excessive de façon à ménager la forme physique des randonneurs.

Prévoir une marge de sécurité et déduire des calculs ci-dessus la durée estimée de la randonnée et ce, de façon pessimiste. A partir de là, il sera aisé de déterminer les besoins en nourriture.
Ne pas perdre de vue qu'en zone isolée, le moindre incident peut avoir de sérieuses conséquences. Une boussole perdue, une coupure, une chaussure défaillante, des mycoses...

Dans tous les cas et en permanence, faire preuve de prudence.


Disposer de matériel adapté à une situation de survie

Le minimum :
Une arme à feu et ses munitions. Faire l'impasse sur une arme dans le cas d'une pénétration profonde est absolument inconcevable et ce, quels que soient les motifs étayant la décision de partir non armé. Un vulgaire Baïkal à un coup est largement suffisant. http://www.guyanecho.com/dossiers/dossier_50_armes+feu.html

La jungle, c'est comme le désert : Il n'y a pas d'amis.
Encore moins de place pour des états d'âme "exotiques" et nullement de mise en ces lieux réputés hostiles. Une arme permettra de trouver des protéines mais aussi permettra de signaler sa présence, pourra assurer la sécurité face à de mauvaises rencontres.

Une machette par personne :
La machette est au moins aussi indispensable qu'une arme à feu. Non seulement elle permet de layonner mais cette arme blanche est utilisée pour la construction d'un carbet, dépecer une tortue ou autre gibier. Tout comme un fusil, elle est psychologiquement rassurante. En situation de survie, elle pourra permettre de capturer de petits poissons. http://www.guyanecho.com/dossiers/dossier_47_materiel+machettes.html

Des briquets : Chaque randonneur devrait être équipé d'un minimum de 2 briquets à gaz neufs. Les modèles choisis seront de couleur vive afin de faciliter leur recherche en cas de chute au sol. Un feu permettra de cuire des aliments et sa fumée de signaler votre position à des secours éventuels.

Un mini kit de pêche. En situation de survie il ne faut pas tabler sur l'heureuse rencontre avec un gros gibier suicidaire. Si l'opportunité est saisie de capturer un pécari, une biche, tant mieux mais prévoir avant tout de quoi se contenter de petits animaux, bien plus nombreux et faciles à capturer. Vu la densité du réseau hydrographique de Guyane et le peuplement, ce sera sur les petits poissons des criques que vous jetterez votre dévolu. Vous pourrez ensuite si vous le souhaitez consacrer un peu de temps à la capture d'un aymara. Ce kit de pêche peut être très simple et comprendre une bobine de fil 18 ou 20/100°, des hameçons montés N° 12 à 20. Une paire de bas de ligne acier et d'hameçons à aymara. Rien de bien encombrant donc.

Des hamacs légers. Le hamac dit de garimpeiro en toile de parapluie est le mieux adapté, compte tenu de ses légèreté et solidité.

Des vêtements adaptés et de bonnes chaussures. Celles-ci devront être robustes. On évitera absolument de partir avec des chaussures neuves pas encore faites aux pieds, ce qui pourrait se révéler source de blessures constituant rapidement un handicap. Dans le même ordre d'idée - et tous les grands marcheurs le savent - ne pas partir avec des chaussettes impeccablement propres. Au plan des vêtements, on fuira le Nylon et les synthétiques. http://www.guyanecho.com/dossiers/dossier_65_les+vetements.html

Coutellerie. http://www.guyanecho.com/dossiers/dossier_62_les+couteaux.html

Une petite pharmacie.
Pour les petits bobos, les mycoses, les piqûres d'insectes, etc.

Un GPS pour lequel la canopée ne constitue pas un obstacle infranchissable. La bonne maîtrise de l'utilisation de cet appareil ne dispense nullement de l'utilisation de la boussole. Le GPS est certes perfectionné, permet de déterminer sa position avec précision mais :
Son fonctionnement reste soumis à l'état des piles.
Il peut être sensible aux chocs.
Comme tout appareil sophistiqué, les sources de panne sont multiples et les possibilités de réparation en pleine jungle quasiment nulles.
Une chute à l'eau et il est HS. (Reconnaissance Grand Inini 1993. ONF 9° RIMA).
La boussole quant à elle est certes plus rudimentaire mais n'est pas soumise aux inconvénients ci-dessus. Elle a pour elle la rusticité, la légèreté et la simplicité d'utilisation. Elle peut être ponctuellement et légérement sensible aux teneurs ferralitiques des sols mais il n'y a pas là matière à grands écarts et elle reste néanmoins l'ustensile de base et parfaitement fiable.  Voir http://www.guyanecho.com/dossiers/dossier_60_boussoles.html
Une combinaison des deux restera toujours le bon choix. En tous cas, il n'est pas du tout concevable de s'aventurer en forêt sans boussole.

Avant le départ, vérifier la liste et réaliser un inventaire précis des matériels emportés. Ceux-ci seront répartis sur plusieurs porteurs.

Pendant la progression, connaitre et appliquer quelques astuces simples…
Pour marcher selon un axe donné : Aligner mentalement des arbres devant soi et suivre cette direction.
Maintenir l'aiguille de votre boussole sur l'orientement choisi et filer plein nord.
Suivre les indications de votre GPS.
Former une colonne étirée : Moyen simple et naturel de disposer en temps réel de l'axe général d'avancement.
Pour vous convaincre du bien fondé des deux conseils simples ci-dessus, restez à quelques mètres en arrière de l'homme de tête et observez le caractère sinueux de son itinéraire. Toujours surprenant !

Marquer son passage. Il est conseillé de briser quelques-uns des brins rencontrés sur votre passage. Vous les casserez à hauteur d'homme et toujours dans le sens de la marche en prenant soin de faire en sorte que la cime de ces brins soit dirigée vers le bas. Les couleurs des feuilles varient selon les faces considérées. Vous créerez ainsi un contraste chromatique aisément détectable, surtout de nuit dans le faisceau d'une frontale. De plus, de l'orientation des brisées vous déduirez facilement le sens de votre progression.
Attention !
Il n'est pas toujours facile de retrouver un layon – même récent - en le coupant perpendiculairement !
Se méfier des coups de machette sur les troncs. Les flâchis peuvent vite changer de couleur, se recouvrir de sève, etc.
Il est possible de déterminer le sens de la progression à partir du simple examen d'un flâchis. Se mettre prés de l'arbre, observer l'angle d'attaque du coup de machette, layonneur droitier ou gaucher (?). Rechercher d'autres indices à proximité.
Toujours faire confiance préférentiellement aux instruments (Boussole, GPS) plutôt qu'à ses impressions.
A partir d'un point considéré comme sûr, compter ses pas jusqu'à un autre point remarquable et positionnable sur la carte. Noter la progression estimée, comparer avec les indications de la carte.
Intégrer et vérifier la pertinence des éléments naturels rencontrés (Criques, mouvements de terrain). Prévoir et anticiper leur rencontre, vérifier.
Autant que faire se peut, observer la position du soleil au cours de votre progression.
Le soir au campement, faire le point, tirer un bilan de la journée écoulée. Déterminer les objectifs du lendemain en fonction des difficultés prévisibles, forme physique, etc.
Ne pas hésiter à faire demi-tour en cas de problème même bénin. Savoir que celui-ci peut rapidement avoir des conséquences graves. Faire les choix qui s'imposent.


Signaler son départ :
En la matiére, il n'y a pas d'excès de communication. Toujours dire à plusieurs personnes différentes ses points de départs, destinations, matériel emporté, date et heure probables de retour. Aucune information n'est superflue.

Pour une pénétration profonde ou de longue durée, la solution du binôme ne saurait être jugée satisfaisante. En effet, en cas de blessure ou d'accident une seule personne reste valide, ce qui présente de nombreux risques.

L'attitude à observer en cas de perte : Soudain, vous réalisez que vous êtes perdu…

La forêt guyanaise est de tous les milieux naturels réputés hostiles de la planète celui offrant le plus de possibilités de survie. Néanmoins, en cas de perte il conviendra de :

Rester calme et tout mettre en oeuvre pour retrouver son chemin. Le stress généré par le sentiment d'être perdu pourra se trouver exacerbé par les bruits de la jungle devenue soudainement plus hostile.
Bien matérialiser sa position actuelle.
Mémoriser les derniers pas et en déduire un cheminement possible. Demander l'avis du serre-file, toujours le mieux placé pour observer les changements de cap.
Se rappeler la topographie sommaire de l'environnement : Montée, descente, présence d'un talus, etc.
Faire un point rapide.
Un des randonneurs doit rester sur place pendant la recherche.
Les autres rechercheront le layon en restant à portée de voix et en décrivant des cercles de diamètres croissants à partir du point de perte.
NE JAMAIS SE SEPARER.

Le problème se résume à retrouver un point ou un tracé connu à partir d'un point inconnu.


En cas de perte avérée :

Nous imaginerons la situation suivante : Votre GPS est HS et vous ne savez pas exactement où vous êtes. Vous n'avez pas réalisé suffisamment de brisées et votre trace n'est donc pas bien matérialisée.

Arrêter toute progression et commencer à s'organiser.
Marquer l'endroit où vous êtes.
Tenter de retrouver le tracé par lequel vous êtes venus. Implique un rappel du cap, du relief, etc.
Vous ne retrouvez pas votre chemin ?
Le point de très loin le plus important est de rester calme. Tout affolement réduit considérablement la faculté de raisonnement. Que la panique s'installe et c'est la porte ouverte aux prises de décisions irrationnelles, voire dangereuses et débouchant inéluctablement sur l'aggravation de la situation. Les conséquences peuvent être alors dramatiques : Des disputes peuvent survenir, entraînant la dislocation du groupe, la fin de sa cohésion.
Un individu seul perdu en jungle et sans trop d'expérience deviendra lentement la proie de la folie. Il errera sans but et finira par mourir d'épuisement.
Je rappelle que de tous les milieux naturels réputés hostiles, la forêt guyanaise est un de ceux offrant tout ce qu'il faut pour survivre.

Quelques exemples :

Edgar Maufrais : Avec une connaissance sommaire de la jungle, n'a jamais été retrouvé.

Monsieur Watschinger est resté seul pendant dix-sept jours avant d'être retrouvé du côté de Ouanari. Cette personne possède une bonne connaissance de la forêt guyanaise. Pour ce que je sais de sa mésaventure, handicapé suite à un contact avec des toxines de dendrobates, M. Watschinger a erré plusieurs jours, quasiment inconscient. Ayant retrouvé ses esprits, il a pu néanmoins survivre ne disposant que d'une machette.

Du côté de Providence, trois chasseurs ont quitté le bassin versant de la crique Abounamy. Ils sont restés égarés plusieurs jours avant de se retrouver sur une autre crique mais persuadés d'avoir rejoint leur point de départ. Grâce à leurs armes, ces personnes n'ont à aucun moment manqué de nourriture.

Au niveau de la piste de Cormoran (PK 224) j'ai pris à bord de mon véhicule Monsieur R. A… alors qu'il faisait de l'autostop en direction de Cayenne. Cette personne m'indique avoir été perdue pendant une dizaine de jours et, venant juste de retrouver la RN 1, me dit rentrer sur Saint-Laurent… Erreur de 180° donc !!! J'ai eu beaucoup de difficultés à lui faire comprendre que nous roulions vers Cayenne. Même un bushinengué connaissant très bien la forêt comme mon passager voit son moral fortement baisser après une telle expérience et des signes de confusion apparaissent. R. A… avait une arme et a donc pu vivre facilement sur le terrain.


Il apparaît donc clairement qu'en cas de perte, le moral est essentiel pour survivre.

D'un bon moral découlera une analyse objective de la situation et par voie de conséquence le bon choix de comportement.

La prise de décision.

Il est généralement conseillé de ne pas bouger et d'attendre les secours. Cette solution est plus que discutable. En effet, elle implique une consommation de nourriture sans déboucher sur une dynamique de sortie. De plus, elle peut s'avérer longue, avec de surcroît, aucune garantie de succès.

Toute prise de décision devra être consécutive à un examen objectif de la situation.

Il est bon d'avoir en tête les axes généraux de routes, pistes ou fleuves.

RN1 : Sud Sud Est vers le Nord Nord Ouest.
Côte Atlantique : Sud Sud Est vers le Nord Nord Ouest.
Route Paul Isnard : Nord / Sud
Fleuve Mana : Coule du Sud vers le Nord.
Fleuve Maroni : Coule du Sud vers le Nord.
Fleuve Oyapock : Coule du Sud Sud Ouest vers le Nord Nord Est.
Etc.

Détermination de la position géographique approximative.
Déduction d'un point de sortie à rechercher. Demi-tour, route, fleuve, plage, autre. Etude des cartes et documents topographiques. Stratégie de ralliement du point de destination. Etude du relief, des obstacles naturels et impact sur le choix d'un itinéraire.
Bilan moral, santé et forme physique.
Bilan nourriture.
Inventaire des divers matériels facilitant la sortie. Cartes, boussoles, GPS.
Inventaire des divers matériels permettant de trouver de la nourriture. Connaissances botaniques, armes, machettes, kit de pêche.

Pendant la progression, il sera noté les indices topographiques rencontrés (collines, criques, distances).
Le lever du jour sera consacré à la chasse et le randonneur le plus expérimenté se verra confié cette tâche.
Il sera conseillé de s'arrêter de marcher au plus tard vers 16 h 30.
La première tâche sera d'allumer un feu, d'alimenter régulièrement celui-ci à l'aide de feuilles ou de bois vert de façon à ce qu'il dégage un maximum de fumée pouvant faciliter un éventuel repérage aérien.
Un bilan de la progression journalière sera dressé et il sera déterminé autant que faire se peut la position approximative.
Au départ le matin, bien alimenter le foyer en végétaux verts, toujours pour faire un maximum de fumée. Cette précaution indiquera le point de votre dernier bivouac à d'éventuels sauveteurs. Bien matérialiser le cap de départ.

Les connaissances botaniques peuvent s'avérer fort utiles pour trouver de la nourriture.
Les graines de balata pomme (suiti amini), canari macaque (Koata patoe), courbaril, parcouri, mombin sont excellentes.
Toutes les graines de palmiers sont comestibles. De plus, elles sont particulièrement énergétiques (Comou, patawa).
Les coeurs de palmiers sont comestibles. Le palmier Pinot est particulièrement répandu. La sève du coeur de palmier Pinot est hémostatique. Attention toutefois à ne pas trop consommer de Pinot : Il possède des vertus dépuratives.

Il sera rare de ne pas rencontrer une tortue, un serpent pouvant constituer un bon apport protéinique.

Pas de hamac ? Un lit de feuilles de patawa, de whay ou autre végétal comblera partiellement cette lacune.

En fonction de la distance estimée à parcourir, la fatigue devra être gérée à l'économie. Il sera conseillé de suivre les courbes de niveau, en tous cas d'éviter de gravir des collines à forte pente et considérer comme préférable de les contourner.
D'une façon générale il sera avantageux de suivre les zones basses, plus riches en nourriture.

Un bain dans une crique fraîche remet en forme.

L'observation de la position du soleil n'est pas toujours possible mais il est bon d'en tenir compte. Il pourra en l'absence d'appareils de navigation servir à déterminer le nord géographique selon la bonne vieille technique connue de tous les scouts :
Mettre une montre à l'heure solaire et faire se superposer son ombre par la petite aiguille. La bissectrice de l'angle formé par les deux aiguilles donnera l'axe nord / sud.

Les indices présents sur le terrain :

Je ne parlerai pas ici de points remarquables. Tout simplement parce qu'ils sont rares mais aussi et surtout du fait qu'il est difficile de les mémoriser avec certitude. Un bois cathédrale, un énorme canari macaque ou autre végétal seront d'une part d'aspect complètement différent selon l'angle sous lequel ils sont observés mais de plus, pourront être facilement confondus avec un autre spécimen de la même espèce et de taille sensiblement équivalente. J'ai pu en faire l'expérience sur le terrain, à plusieurs reprises et pourtant, je suis forestier.
Les pistes de débardage. Ouvertes à l'occasion de l'exploitation forestière, la plupart du temps elles ne dépassent pas un kilomètre de long. Vous êtes donc en zone fréquentée... On les reconnaît facilement à leur végétation, à la présence plus ou moins visible de traces de roues de skidder (Tracteur débardeur).  Elles peuvent constituer un véritable réseau, se coupant, s'entrecroisant.
En arrivant sur une piste de débardage, vous observerez les brins et arbustes. Les troncs tirés par le tracteur les ont couchés de façon préférentielle dans le sens de la progression vers la pénétrante forestière. Il vous suffit de suivre cette piste pour arriver à une place de dépôt.

Photo ci-contre gauche : Piste de débardage fraîchement ouverte.
A droite végétation typique de zone de lumière : Ayou weto en fleurs.

Les souches :

La présence de vieilles souches - coupées à la tronçonneuse – ou de grumes abandonnées indiqueront la présence d'une ancienne exploitation forestière.
Il est souvent possible de déterminer à distance la présence d'une piste de débardage grâce à la végétation spécifique présente sur celle-ci. L'arrivée brutale de la lumière au sol suite à l'ouverture de la piste génère la croissance d'un fort recru. Il sera donc possible d'apercevoir une concentration anormale de bois canon (Cecropias), goupis, ayouwetos.
Vous n'accorderez qu'une importance relative aux traces de scarifications sur les vieux balatas. Une grande partie de la forêt guyanaise ayant été alors parcourue à l'époque de la récolte du latex, cet indice ne saurait être considéré comme une preuve de proximité d'un lieu "civilisé".
Vous trouverez parfois des traces de vieilles brisées. Le tracé suit une crique ou un bas-fond ? Intéressant indice prouvant que peut-être un chasseur est passé dans le coin… Essayez de déterminer le sens de sa progression à l'aller.

Les indices sonores : Le soir venu et pendant toute la nuit, des concentrations de chants de batraciens indiqueront la proximité d'un marécage ou d'une crique.
Dans un autre ordre d'idée,  les singes atéles se tiennent généralement sur les sommets. Mais il ne s'agit là que d'indices.
Attention au repérage de l'origine d'un coup de feu par exemple. De même qu'en montagne, le relief peut en modifier considérablement la perception.

Se signaler :

La signalisation grâce à la fumée d'un foyer a été citée ci-dessus.
Votre présence pourra être signalée aux secours par divers moyens.
Coups de feu.
Cris, coups de sifflet (Portée supérieure à la voix humaine).
Coups de machette ou de bâton sur les empattements d'arbres (Très bonne portée).

Sauf accident, imprudence, erreur de navigation, mauvaise estimation des risques, il n'y a aucune raison que votre immersion en forêt guyanaise se passe mal.

En cas de perte, et faute d'éléments convenus à l'avance, les recherches ne pourront se faire que sur la base d'hypothèses.

LA PLUS GRANDE PRUDENCE ET UNE PREPARATION RIGOUREUSE RESTERONT TOUJOURS DE RIGUEUR.




Un cas d'école : Guilhem NAYRAL et Loïc PILLOIS...

Mygales et serpents au menu pendant 52 jours pour les disparus de la forêt guyanaise

Les deux randonneurs retrouvés jeudi près de deux mois après leur disparition dans la jungle guyanaise ont raconté comment ils avaient pu survivre. L'un d'eux, Guilhem Nayral, est encore hospitalisé pour une grande fatigue ; il a perdu une vingtaine de kilos.

Disparus depuis le 14 février au coeur de la forêt guyanaise, Loïc Pillois, 34 ans, originaire de Margaux en Gironde, et Guilhem Nayral, 34 ans également, originaire de Sanary dans le Var, ont été retrouvés jeudi, sept semaines après leur disparition. Sept semaines isolés en pleine jungle, pendant lesquelles ils ont dû survivre avec les moyens du bord. Sept semaines pendant lesquelles leurs proches ont toujours refusé de perdre espoir, alors même que les recherches avaient été abandonnées. Encore épuisés, ils ont raconté leur odyssée vendredi.

Partis à la mi-février, depuis la rive du saut (rapide) Grand Kanori, au bord du fleuve Approuague, au coeur de la Guyane, ces deux hommes aguerris à la randonnée dans la jungle espéraient mettre une dizaine de jours pour faire la centaine de kilomètres les séparant de Saül. Partis sans GPS ni téléphone satellitaire, ils pensaient se guider uniquement à l'aide de cartes et de boussoles. Mais ils s'étaient perdus dans la jungle. Décidant de camper sur place en attendant les secours, ils avaient installé un abri de fortune à l'aide d'une bâche.

"Guilhem a mangé une mygale mal cuite"

Faute de provisions suffisantes, il a fallu s'accommoder de ce que la jungle pouvait fournir. Au menu : mygales, insectes, serpents, tortues, graines ; comme boisson, l'eau des rivières. Un régime alimentaire qui n'a pas été sans conséquence sur leur santé. "Guilhem a mangé une mygale mal cuite, il s'est retrouvé avec une paralysie de la langue qui gênait beaucoup son élocution", a raconté sur LCI le frère de l'un des deux randonneurs.

Pendant ce temps, un dispositif de recherche était mis en place. Du 4 au 25 mars, une quarantaine de gendarmes fouillaient la forêt guyanaise pour essayer de retrouver les deux hommes. A plusieurs reprises, les deux disparus, entendant des hélicoptères, essayaient d'attirer leur attention, notamment en abattant des arbres pour faire du feu. Sans parvenir à se faire repérer des secours... Aussi, faute du moindre résultat, les expéditions en forêt étaient arrêtées le 26 mars. Seul un dispositif de huit gendarmes était maintenu à Saül pour effectuer des recherches dans les sentiers environnants.

"Au bout de trois semaines, on a repris la marche"

La suite de l'odyssée a été racontée par Loïc Pillois sur l'antenne de RFO : "Au bout de trois semaines, on a repris la marche, à raison de trois heures par jour. Il a tellement plu qu'on a eu beaucoup de mal, avec les marais, les montées et les descentes. Et puis finalement, on a fini par s'arrêter car Guilhem commençait à avoir mal. Et comme on entendait l'avion qui venait à Saül, je me suis dit : on est à un jour ou deux de marche, donc je vais rallier Saül seul et puis je vais appeler l'hélicoptère".

C'est ainsi que Pillois est apparu jeudi à Saül, amaigri, épuisé mais bien vivant, pour guider les sauveteurs jusqu'à son compagnon de randonnée. Quatre heures plus tard, Nayral était retrouvé par les gendarmes et hélitreuillé, avant d'être hospitalisé à Cayenne. Il a perdu près de 20 kilos... Angélique Pillois, l'épouse de Loïc, dit pourtant n'avoir jamais réellement craint pour son époux et son ami : "Il y a cinq ans, ils avaient déjà randonné autour de Saül, avec un ami spécialiste des insectes, et celui-ci leur avait dit que si on était perdu en forêt, on pouvait toujours manger certaines larves".

(Source LCI).


Aprés le temps de l'angoisse est venu celui de la joie des retrouvailles.

Il conviendra d'étudier désormais cette aventure sous son aspect le plus intéressant à savoir le cas d'école qu'elle constitue. Car elle se révèlera inéluctablement pleine d'enseignements !

Beaucoup de commentaires atrabilaires ayant été faits ne méritent pas autre chose que du mépris tant ils sont vulgaires, trahissent à la fois incompétence et jalousie malsaine.
Maintenant, il faut je pense tirer les enseignements des erreurs commises afin d'éviter autant que faire se peu que d'autres ne les répètent. Toute erreur est instructive.
Loïc et Guilhem ont été présentés comme des gens connaissant bien la forêt guyanaise et ayant une bonne expérience de la randonnée.
Je ne partagerai que partiellement cet avis. Ce n'est pas parce que trois ans auparavant on a passé quelques jours de vacances autour de Saül que l'on peut prétendre bien connaître la forêt guyanaise. J'y ai passé vingt ans d'abord en tant que forestier puis comme qu'armurier. J'ai appris beaucoup de choses des locaux, amérindiens bushinengués. Ce que je sais, c'est à eux que je le dois, pas aux blancs de passage. Ce que je peux affirmer sans risque de me tromper, c'est que je me débrouillerai bien en forêt mais aussi et surtout qu'il me reste encore beaucoup à apprendre.
Je ne pense pas que nos deux randonneurs puissent se targuer de connaître la forêt guyanaise. Par contre, qu'ils possèdent une bonne expérience de la randonnée semble évident et c'est cela qui leur a sauvé la vie.

Cette méconnaissance de la forêt guyanaise débouche inéluctablement sur de la prise de risques consécutive à des fautes.

Les erreurs commises ?


La première et la plus grave est indiscutablement la sous-estimation des difficultés du parcours. Un certain angélisme est décelable dés le départ, venant entacher de légèreté l'aspect sérieux d'une préparation jugée à tort comme très sérieuse.
Très sérieuse certes, mais aussi et surtout erronée.
En résumé : On a sérieusement organisé l'accident.
Le raid apparaît dés le début comme chronométré, fait l'impasse totale sur des impondérables. Pas de marge d'erreur, peu ou pas de délai de sécurité.
On prend douze jours de nourriture pour douze jours prévus de randonnée…
On prévoit de reprendre l'avion dés le lendemain de l'arrivée à Saül…
On a une éthique, des états d'âme et on refuse de prendre une arme…
On est jeune, en pleine forme, surs de nous…

Oui mais…

La région concernée est très accidentée. Les reliefs se succèdent, certes sans dénivelés importants – nous ne sommes pas en haute montagne – mais les collines sont serrées, les pentes abruptes.
El la pluie qui n'arrange rien…
Les pentes sont glissantes, les vêtements collent à la peau, entravent les mouvements.
Les zones marécageuses sont plus larges, plus boueuses, plus profondes. On y perd beaucoup d'énergie.
Ce relief en peau d'orange casse littéralement les pattes.
La moyenne journalière est inférieure à celle prévue de façon exagérément optimiste.
Sous les effets conjugués de la fatigue, des permanentes et répétées difficultés du terrain, la progression journalière continue à chuter.
Et ce qui était aisément prévisible pour ne pas dire évident se produit :
Ils ne rejoindront pas Saül à temps et l'avion de retour sur la métropole partira sans eux…
En France métropolitaine, les inquiétudes se font jour.
L'alerte est déclenchée.
En Guyane, on commence à se perdre en hypothèses.

Pendant ce temps, Loïc et Guilhem ne bougent pas, persuadés que bientôt, un hélicoptère les repèrera et viendra les récupérer. Ce faisant, ils obéissent au conseil répété ça et là et dont je conteste le bien fondé : Ne pas bouger, attendre…
Ceci est peut-être valable à proximité d'une route, d'une voie navigable.
Pas quand on est au centre de la Guyane, loin de tout, sans arme ni nourriture digne de ce nom et qu'on s'est reposé, qu'on a récupéré une partie de son potentiel physique.
De plus, on sait être sur un axe connu. On a suivi un cap, pris des notes. Les hélicoptères qui passent, on les entend et on sait donc être dans la zone prévisible de recherches.
La boussole qui déraille à cause du fer contenu dans le sol… A d'autres ! Sur une longue distance, l'influence est négligeable !
Dans ces conditions, on ne reste pas trois semaines à faire du sur-place. On utilise son énergie à avancer vers Saül ou à chercher une autre sortie (Pas de backup dans ce cas de figure) au lieu de se morfondre sous une bâche et à perdre lentement des forces en grignotant des insectes !
Pas d'arme… Quelle grossière erreur ! Sur un tel parcours, il est totalement inconcevable de renoncer à une arme. Il est obligatoire de rencontrer des bandes de cochons, des biches, des hoccos, des singes, des oiseaux, bref, des protéines !
Et bien oui, que viennent faire ici – appelons les choses par leur nom - de stupides considérations d'éthique ? Elles n'ont nullement leur place dans une telle expédition ! Laissons ce genre d'états d'âme à quelques ampoulés de technocrates dans leurs bureaux climatisés ! Nous sommes en jungle sur le terrain. Il nous faut y trouver notre subsistance et ce n'est pas le prélèvement d'une paire de pécaris ou de quelque agouti dans une zone où la main de l'homme n'a jamais mis les pieds qui va remettre en cause l'équilibre biologique de la Guyane ! Les grandes théories, c'est bien, c'est beau mais en situation de survie, c'est un peu léger, pour ne pas dire dangereusement coupable, inconscient… J'aurais refusé de partir sans arme si l'invitation à une telle randonnée m'avait été lancée !
Nul besoin d'être un bookmaker avisé pour parier que Loïc et Guilhem auraient sans hésitation volontiers troqué un cuissot de cochon bois contre tous les jambons velus et mal cuits de leurs mygales de voisines !
Ca me rappelle les aventures de la crique Limonade en 1993 avec l'ONF également vers Saül que nous rejoignions via Maripasoula. AUDEOUD François, un technicien-gourou complètement à la masse prétendait nous interdire le port d'une arme… Il nous l'a interdit mais nous n'avons bien sûr tenu aucun compte de cet ordre stupide et largement bénéficié des protéines naturellement disponibles en forêt. J'avais déclaré à cet abruti que lui crèverait de faim pendant que je ferais du cholestérol…
http://www.guyanecho.com/dossiers/dossier_28_mediocrite+mechancete+stupidite+des+limites+.html

Pas de téléphone satellite… Carence à mon avis discutable, plein de choses se sont faites sans cette technologie, coûteuse de surcroît.

Bref, l'affaire se termine de façon heureuse.
Nos deux randonneurs ont commis quelques erreurs mais ils ont eu beaucoup de chance.

Une question me taraude l'esprit : Pourquoi Guilhem était-il plein plus fatigué (proche de la fin) que Loïc ? Cette différence ne saurait être imputée au seul aspect de la constitution physique. A mon avis, le moral a du jouer énormément.

Certains aigris calculent le coût de l'opération. Bien sûr que les euros ont leur place, évidemment que les Personnels mobilisés ont leur mot à dire…
Qui va payer ? Il est probable qu'une participation, voire le remboursement de l'intégralité des frais sera facturé aux randonneurs.
Et même si cela était prélevé sur "nos" impôts ?
Car faire payer des heures d'hélicoptère alors que ceux-ci doivent tourner régulièrement à seule fin d'entretien...
Faire payer au contribuable égaré des heures de militaires déjà budgétisées...
Le débat ne manquera pas d'être lancé.

Et puis, n'y a-t-il que des aspects négatifs dans cette aventure ?
Le tapage médiatique généré par cette affaire ne servira-t-il pas à servir la cause des personnes disparues en forêt guyanaise ?
Ne permettra-t-il pas d'éviter que de telles expériences malheureuses se renouvellent ?
Il convient je crois de rebondir et de faire en sorte que cette expérience soit enrichissante.

Loïc et Guilhem sont deux personnes ordinaires qui, un jour, ont été placées dans des conditions extraordinaires. Ils ont traversé l'Atlantique pour une marche en forêt. Ils ont osé, tenté et en ont bavé. Oui, ils ont commis des erreurs mais qui n'en a jamais commises ? Ils ont rêvé de cette randonnée, l'ont accomplie. Oui, ils ont eu ce mérite. Involontairement et en cinquante deux jours, l'un d'eux sauvé in extremis, ils auront conquis en vie pure ce que la grosse majorité de leurs détracteurs n'accumuleront jamais en jours de congés.
Mais ils méritent aussi quelques remontrances !

Aux autorités – s'il y en a encore – d'en tirer les enseignements ! Pour Guilhem en Loïc, à mon avis, c'est en cours.

Il ne faudra pas oublier de saluer ici tous ceux qui sur le terrain ou ailleurs ont participé activement aux recherches, épaulé, soutenu et accompagné les familles torturées par l'incertitude et l'angoisse. Il faut leur tirer leur chapeau, leur rendre l'hommage qu'ils méritent. Pénétrer en forêt guyanaise pour y rechercher deux personnes parties depuis plus de deux semaines est auréolé d'utopie : Il est bien plus facile de trouver une aiguille dans une botte de foin !
Puisse la décision d'intégrer des locaux, bushinengués, amérindiens aux Personnels de gendarmerie, de l'armée, de la protection civile. Ils le méritent. La forêt guyanaise les mérite aussi.

Il me semble également qu'il devrait être établi un protocole à suivre en cas de perte. Ce protocole préciserait les attitudes à respecter et actes à accomplir par la ou les personnes égarées. Il définirait un calendrier précis des opérations de recherche. Mais aussi et surtout, il conseillerait de façon à éviter le renouvellement de ce genre d'incident.

Les premiers enseignements :

100 000 euros : Le prix de l'inconscience.
Nécessité de connaître un tant soit peu le milieu guyanais avant de se lancer dans de telles expéditions.
Dans le cas contraire, prendre un guide local.
Insuffisance manifeste et connaissance superficielle débouchant sur une série d'erreurs graves.
Confirmation des dangers de la forêt amazonienne mais également de sa générosité.
Caractère essentiel du moral des randonneurs.
Confirmation de l'exigence d'une préparation non seulement soignée mais aussi et surtout adaptée.
Nécessité aveuglante d'une arme.
Confirmation du caractère aléatoire des recherches au sol dés lors que la zone concernée est vaste.
Questions à se poser sérieusement en terme de repérage visuel aérien (fumée).
Remise en cause de la stratégie du sur-place en attendant d'éventuels secours.
Nécessité de légiférer sur la question des pénétrations en forêt profonde par des amateurs.



En terminant pour aujourd'hui et dans l'attente de plus amples informations, je dirai que des hommes avant eux ont pris des risques incroyables. Ce sont ces gens-là, ces rêveurs, qui ont fait progresser l'humanité. Parmi ceux-ci, il se trouvait un génois qui un beau matin, quitta l'Espagne pour les Indes. Soixante treize jours plus tard, il arriva en terre américaine avec 87 pauvres types composant son équipage, persuadé d'avoir réussi à trouver le passage ouest vers les Indes. Il mourut sans rien savoir de sa véritable découverte. Plus de cinq siècles plus tard, on en parle encore et toute la planète le considère comme un héros. Christophe Colomb avait confondu Asie et Amérique ! Non seulement on lui pardonne mais on le porte aux nues. Et on en voudrait aujourd'hui à Loïc et Guilhem de ne pas avoir pris de téléphone satellite ! Allons allons, soyons sérieux !

Plus je reçois d'informations sur cette mésaventure et plus j'avance dans l'analyse de celles-ci, plus je me demande si à ce jour, les deux naufragés réalisent la chance qu'ils ont eu et l'inconséquence dont ils ont fait preuve. Messieurs, vous revenez de loin et ce, dans tous les sens du terme !

Un des aspects essentiels de votre mésaventure et qui ne saute pas immédiatement aux yeux est cette espèce d'aveuglement dont vous avez fait preuve. A aucun moment vous n'avez envisagé la perspective de l'échec. Vous ne vous êtes jamais remis en cause. Pour vous, seul comptait le but et vous en avez oublié les difficultés de l'itinéraire. Elément aggravant, votre entourage immédiat totalement ignorant du milieu naturel dans lequel vous alliez pénétrer n'a pas pu - et pour cause - modérer votre enthousiasme. Se basant eux aussi sur les seules expériences positives passées, ces profanes vous ont attribués des qualités que vous ne possédiez pas vraiment et dont ils ne pouvaient juger de façon impartiale. C'est pour cette raison que dés le début, ils vous qualifiaient d'expérimentés.
J'ai connu chez d'autres cette même forme d'aveuglement. Toujours l'affreux Audeoud de l'ONF évoqué plus haut. Persuadé de réussir malgré les conseils et avis contraires. Lui aussi mettait en danger autrui.
Vous voulez que je vous dise ? Si vous m'aviez proposé de vous accompagner dans cette aventure sur la base et le concept qui étaient les vôtres, j'aurais de toute évidence refusé !
C'est vrai que 100 000 euros, des moyens techniques et humains conséquents déployés, ça fait cher payé pour une succession, un enchaînement d'erreurs. Mais vous êtes vivants et tous devraient s'en réjouir.
Je ne rejoindrai pas les commentaires acides de Bidochon vous attribuant dans leurs fantasmes la rédaction d'un livre sauf si la thèse du prémédité était démontrée. C'est vrai que raconter vos repas à base de mygales et coléoptères sera de nature à rassurer l'adapté social du 21° siècle dans son HLM, se gavant en semaine de poulet hormoné et allant festoyer le week-end chez son voisin Mac Merde... Et puis, si vous le faites et qu'il vous rapporte de l'argent, pourquoi pas ? Penserez-vous alors aux courageux sauveteurs et braves contribuables ? J'ajoute pour ma part que s'il était décidé de vous faire participer financièrement aux frais de recherche, rien n'empêcherait ceux qui comme moi vous accordent néanmoins crédit, compassion et compréhension, de vous assister dans ce remboursement. C'est ça aussi la logique, la mise en phase des actes avec les idées affichées.

14/04/2007 : On apprend ce jour 14/04/2007 sur blada.com que les deux randonneurs étaient partis avec une carte au 200 000°... Ca, ce n'est pas une erreur mais de l'inconscience pure ! Ce simple détail réduit à néant les efforts visant à nous faire croire que Loïc et Guilhem étaient expérimentés. Par ailleurs, le très moralisateur site blada.com parle de ne pas "accabler plus encore deux hommes lynchés par les médias". Il est "gentil" blada de conseiller ce genre d'attitude ! C'est bien ce que j'avais pressenti dés le départ en apprenant que les deux hommes disposaient d'un purificateur d'eau. L'expérience commerciale acquise en Guyane m'a immédiatement fait penser à deux personnes inexpérimentées. J'avais adressé un message en ce sens à blada.com qui l'avait censuré. Sur blada.com, il semblerait que l'on ne publie que ce que l'on veut bien entendre ou qui est agréable aux oreilles chastes… Et blada de conclure dans une envolée lyrique que les égarés, ce serait nous, la société... "dans cette société égarée, surmédiatisée, manipulée, qui, pas plus que nos deux touristes, ne sait où elle va. Serait-ce parce qu'elle a eu peur de se reconnaître" Cocooning médiatique ? En tous cas, après l'information sélective, nous avons droit à la psychanalyse !
La politique de l'autruche ne saurait en aucun cas être conseillée en matière de sécurité. Refuser de développer les erreurs commises par ces deux touristes, c'est quelque part participer – au moins par omission - au renouvellement de leurs fautes. Au contraire, il convient de médiatiser au maximum afin d'éviter la répétition de telles mésaventures.
Alors, Indiana Jones de supermarché ou Rambo d'opérette ? Ce genre de situation n'est pas exclusif de la Guyane. Il suffit de regarder les accidents de montagne pour constater les incroyables prises de risques. Ce fut donc de l'inconscience pure que de partir avec une carte à cette échelle. Il n'existe aucune excuse et la question de poids ne saurait être invoquée ici !
Il s'agit bien à la fois de méconnaissance des réalités, de mésestimation des risques, le tout aggravé de mauvaise préparation. La résultante de ces éléments aboutissant au brillant résultat que l'on sait.
Qu'il soit bien clair une bonne fois pour toutes que si la forêt guyanaise offre toutes les garanties de survie à celui la connaissant un peu, ELLE NE FERA PAS DE CADEAU à l'imprudent ou à celui qui la prend à la légère. C'est en ce sens que doit être étudié et largement médiatisé ce qui restera un cas d'école. Il y va de l'image de la Guyane, de la sécurité des personnes (Touristes mais aussi membres participant aux recherches) et accessoirement de l'argent du contribuable.

En cours de rédaction et à suivre !




Commentaires :


06/04/2007 - admin - Perdu en jungle.


Envoyé au journal Libération suite à la lecture d'interventions hallucinantes :
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La lecture de certains commentaires fait froid dans le dos.
Ne manque que l'accent pointu mais on le perçoit bien, sous-jacent sous la gouaille de supermarché et la petite jalousie atrabilaire !
Ils témoignent de la méconnaissance totale de la forêt guyanaise et accessoirement du peu de cas pour les épreuves endurées par les deux randonneurs et leurs familles.
50 jours passés dans les conditions qui furent les leurs mérite autre chose que des quolibets.
Libération a tout-à-fait raison de publier ces articles. Ce faisant, il donne à cette mésaventure toute l'importance qu'elle méritait car il s'agit bien là d'un cas d'école et qui devrait avoir des conséquences importantes sur la mise en oeuvre de futures recherches.
Ce que des hommes ordinaires comme Guilhem et Loïc ont fait, c'est confronté à une situation extraordinaire qu'ils l'ont fait et auront désormais à leur actifs plus de vie pure que leurs détracteurs n'accumuleront jamais en jours de congés.

06/04/2007 - admin - Perdu en jungle.
Il faut arrêter avec cette histoire de GPS et de téléphone satellitaire !
Un GPS, dans une situation de ce type, on ne l'allume qu'un jour sur deux, juste pour faire le point exact et surtout pour comparer celui-ci avec les données recueillies suite à l'utilisation de la boussole. Il est hors de question de se balader avec cet appareil allumé en permanence. Il ne constitue en fait qu'un accessoire, fragile de surcroit venant compléter la boussole.
On navigue depuis des siècles avec une simple boussole !
Il est clair cependant que celle-ci est moins précise et son utilisation doit être conjuguée à la prise de notes et vérification des indices relevés sur le terrain.
Pour le reste et avant d'en savoir plus, il semblerait que deux erreurs aient été commises par ces deux randonneurs :
Pas d'arme.
Et surtout, mauvaise évaluation des difficultés du parcours.

Un téléphone satellite, ça pèse au minimum 5 kilos mais il est vrai aussi que ça peut éviter d'en perdre vingt...

07/04/2007 - Victor - Perdu en jungle.
Que de sagesses ... bravo pour l'analyse fort instructive (on voit qu'il sait de quoi il parle le monsieur ;)

Amicalement,

07/04/2007 - - Loïc et Guilhem retrouvés !
Il faut obliger les randonneurs qui viennent en forêt guyanaise à s'équiper de balise argos et de moyens simples comme fusée de détresse pour se faire repérer lorsqu'ils sont perdus. A méditer. Il faut aussi dire aux novices que cette forêt on la respecte et ce n'est pas un terrain de jeu pour tout ceux qui sont en manque d'aventure. Il ne faut pas non plus prendre la forêt guyanaise pour un studio de télé réalité.

07/04/2007 - - Loïc et Guilhem retrouvés !
C'est un heureux dénouement, qui est arrivé juste au moment où la compagne d'un des deux se trouvait à saül avec le frère du second, étrange coïncidence après + de 30 jours de recherches tous moyens confondus.


Lu sur le livre d'or de ce site :

Robert Ducrey
- 07/04/2007
Pascal, en réponse à votre soit disant affirmation sur le livre d'or de ce site, je vous réponds que moi même suis gendarme et fréquent assidument la forêt et ne conseille qu'aux amateurs qui veulent faire un tour dans ce paradis vert de s'équiper un minimum en matériel de survie et de sécurité pour être identifié en cas de recherches. Exemple des deux soit disant perdus en forêt ces derniers jours qui nous ont fait marcher à tour de rôle dans le secteur de Saül pendant + de 30 jours. Un peu de respect merci.


08/04/2007 - - Loïc et Guilhem retrouvés ! Manger des mygales ? quand on est au bord d'une rivière ! et qu'on a pas l'idée de suivre son cours, qu'est ce qu'ils sont venus faire au juste ?

Robert Ducrey

- 08/04/2007
J'apprécie votre site et me sers de vos conseils et de votre expérience que vous mettez sur site. Ce que je peux vous dire c'est que les tous les helicos que l'on peut trouver en guyane ont survolé a plusieurs reprises la zone de Saul et qu'a aucun moment il n'a été aperçue la bâche bleue qui le servait de bivouac alors que le jour où ils ont été retrouvés on ne voit que cette bâche qui contraste avec le vert de la foret. Lors des recherches ce qui est étonnant c'est de n'avoir découvert aucune trace ni de feu passage, coupe, pourtant la zone entre saut Kanori et Saul a été quadrillée de meme saut mais et saut mitan a la crique limonade la où ils ont été retrouvé. Des équipes de militaires, gendarmes, ONCF et autres personnes ont cherché avec des guides amérindiens, même eux ne comprennent pas, alors vous qui connaissez et êtes expert en forêt, vous comprendrez que de nombreuses questions restent sans réponse. Nous sommes tous heureux de ce dénouement et qu'ils soient en vie et en bonne santé du moins pour un, que l'on voit beaucoup à la télé. De nombreux guyanais ne croient pas beaucoup qu'ils se soient réellement perdus et se soient réellement nourris comme ils l'affirment, pourquoi ne parlent ils pas de poissons que l'on trouve dans les criques. La copine d'un et le frangin du second arrivent en début de semaine à Saül et le jeudi, un des disparus apparaît au village comme par enchantement alors que des équipes de secouristes ont passées du temps sur ce secteur. Nous trouvons cela étonnant.

RéponseIl est vrai que même par temps d'orage, certains arrivent à passer à travers les gouttes mais ça ne dure généralement pas longtemps...
Heureux par ailleurs de constater que ce site sert à quelque chose et ce, de façon positive.
Je suis comme vous : Bien des choses m'échappent dans cette histoire.
Cette affaire de la non détection aérienne est aussi celle qui m'a interpelé en tout premier lieu et c'est loin d'être la seule ! Quelques zones d'ombre subsistent encore parmi lesquelles l'impasse totale faite sur l'éventualité d'un échec et le fait de faire du sur place pendant trois semaines...  Il me semble que si j'étais perdu et que je vienne à entendre des hélicoptères de toute évidence à ma recherche, je sèmerais un boxon visible et d'assez loin. Il suffit pour ce faire d'alimenter le feu avec des feuilles et branchages verts pour faire un maximum de fumée. Mieux, je conserverais un tas de branchages près du foyer, de façon à me rendre repérable dés le lever du jour et parfaitement visible de très loin. Rien de bien sorcier là-dedans ! De plus, je changerais de sommet de colline chaque jour en conservant le bon cap au lieu de rester à glandouiller. En 20 ans de Guyane, je n'ai jamais mangé de mygale...
Difficile cependant de croire à une volonté délibérée des personnes concernées vu l'état dans lequel a été retrouvé Guilhem. Le fait que de nombreux secouristes soient intervenus sur la même zone n'empêche nullement le passage discret d'une personne. Mais je manque d'informations sur le trajet suivi par Loïc. J'ai même entendu parler de la crique Limonade !
Il est incontestable que des erreurs grossières ont été commises par ces deux randonneurs. Erreurs, accumulation d'imprudences, de sous estimation des risques et difficultés aboutissant à ce que l'on sait et qui aurait pu aisément et rapidement tourner au drame. Il est certain que si j'avais fait partie des sauveteurs, j'aurais quelque peu pesté - et c'est un doux euphémisme - contre les personnes recherchées. Ceci étant posé, tout le monde commet des erreurs et essayons néanmoins de rebondir positivement sur ce qui reste un cas d'école. Je ne souhaite pas jeter le moindre pierre à ces deux personnes et me limiterai à une analyse critique de ce qui a été leur comportement, ce, à seule fin constructive et pédagogique.
Evitons aussi de tenir des propos déplacés, véritable délire allant même jusqu'à baver sur les secours...


08/04/2007 - - Loïc et Guilhem retrouvés !
Et ils nous prennent pas pour des c... ? Au bord d'une rivière et jamais on n'a entendu parler de pêcher ? Par contre manger des mygales en plus mal cuites, ça c'est plus vendeur. Quand on voit le boug' avec son tee-shirt tout propre, avec slogan de baroudeur, faire une mini-conférence de presse à Saul et une heure après, le voir débarquer de l'hélico à la gendarmerie de la Madeleine avec des yeux de fou et tenant sa machette comme si sa vie en dépendait. Stop aux clowns ! L'Amazonie, ce n'est pas la forêt de Fontainebleau pour aventuriers de pacotille en mal de sensations. Et on parle encore de notre département comme un enfer, une terre hostile.... et un terrain de jeu juste un peu plus grand.
S'il s'avère que ces deux individus ont travesti et manipulé la vérité, il faudra qu'ils répondent pénalement et financièrement de leur inconscience. J'attends les reportages de VSD ou de MATCH de cette semaine avec impatience... mais cela m'étonnerait beaucoup que cela fasse du bien à la Guyane. Je propose qu'on fasse un test et qu'ils nous expliquent comment ils cuisinaient et manger leur mygale. Comme cela, nos militaires qui partiront en foret auront une base pour survivre et sortir au bout de 50 jours presque en forme. Et pourquoi ne pas proposer des pack pour touriste qui veulent suivre une cure d'amaigrissement ? Elle serait géniale, non ? Ecolo, bio... tout ce qui est à la mode.... mais je m'égare. Saluons ces deux "héros" qui, en ce qui me concerne, sont surtout des as de la pub et de la com'.

Réponse : C'est vrai qu'il y a des points à éclaircir dans cette affaire mais il ne faut tirer aucune conclusion qui serait trop hâtive et surtout pas affirmative, péremptoire.
Je suis comme Loïc et pense qu'une colonne de fumée montant dans n'importe quel ciel, sur fond de forêt, ça se voit facilement. Et pour tout dire, j'y crois encore ! 
Des erreurs que ne commettraient pas un aide manoeuvre stagiaire débutant...
Cette médiatisation à outrance me surprend aussi. Je suis installé au Québec. Mon épouse et moi-même avons été invités ce midi à manger chez des amis québécois qui avaient parlé de cette affaire hier soir.
Loïc déclarant qu'ils n'étaient "pas vraiment perdus"...
Je dispose de témoignages téléphoniques de personnes l'ayant vu à Rochambeau et selon lesquels Loïc voyagerait en classe affaire mais en tenue caractéristique du "survivant tout juste sorti de l'enfer vert".
RFO nous apprenant qu'un contrat aurait été signé avec un grand tirage. Tout est rapide dans cette histoire, sauf leur extraction de la forêt...
RFO emploie le terme d'acolyte en parlant de nos deux aventuriers. Cette qualification quelque peu péjorative accentue encore les soupçons de combine commençant à se faire jour ça et là. Pour lever toute ambigüité à ce sujet il existerait une solution très simple : Que Loïc et Guilhem reversent l'intégralité des droits éventuels (Ou à concurrence des sommes engagées pour les secourir) et que ceux-ci reviennent là où ils ont été prélevés, avec au passage une petite lichette à l'amicale de la gendarmerie avec une pensée pour les gendarmes morts en service ! En effet, il serait quelque peu surprenant et totalement anormal que les naufragés retirent un profit de leur mésaventure tout en se voyant exonérés du remboursement des frais de recherche ! Cette méthode présenterait plusieurs avantages :
La morale serait sauve.
Les deux rescapés seraient définitivement lavés de tout soupçon.
Le contribuable retrouverait tout ou partie de son compte.
Justice serait faite.
La fin des commérages...

Mais n'en déplaise aux oiseaux de mauvaise augure, l'état de santé de Guilhem est là.
La rédaction d'un journal de randonnée ne se fait pas obligatoirement à des fins médiatiques mais plutôt - au-delà du simple mémoire - dans un but sécuritaire. Il est en effet important sur un tel parcours de noter la progression et une foule d'observations réalisées au cours de celle-ci. Une foule de gens qui ne font pas tous des randonnées en forêt amazonienne écrivent leur journal sans pour cela avoir en tête l'idée de le commercialiser.
Penser qu'un montage à des fins médiatiques ait pu être réalisé relève de la paranoïa. En accepter l'augure confine au délire et à la méchanceté. Ce n'est pas pour cela que l'hypothèse ne saurait être relevée. Sur différents sites traitant du sujet on a pu lire à peu près tout et son contraire. Ces explosions d'explications tous azimuths ne sont pas là pour éclaircir la situation mais ouvrent la voie aux hypothèses les plus farfelues.
Répondre aux questions qui se posent, résoudre les incohérences, éclairer les zones d'ombre sera la meilleure manière de faire taire les commentaires erronés.
Quelles que soient les erreurs que Loïc et Guilhem aient pu commettre - et il y en a - leurs familles ont vécu des heures d'angoisse. N'y ajoutons pas la perfidie, la honte d'accusations non fondées. Une enquête est ouverte. Dans l'attente patiente de ses conclusions, concentrons-nous sur les solutions possibles à mettre en oeuvre et les technique ou règlementations applicables afin que telle mésaventure ne se reproduise pas.

Attendons donc la suite des évènements.


Mardi 10 avril,15 heures Québec. Ben voilà ! Un article de France Guyane de ce jour lève une partie du voile. Les deux randonneurs reconnaissent leurs erreurs. Nous savions bien et dés le départ - et sauf accident - qu'erreurs il y avait. Guyanecho a été le premier à indiqué la mauvaise estimation des difficultés du trajet. Pour le reste, nous étions comme tout le monde et naviguions à l'aveuglette dans le manque d'informations.
Les explications et remerciements de Loïc sont convaincantes et démontrent de la bonne foi des deux randonneurs.
Je demeure plus que très septique cependant sur cette histoire de fumée et persiste à  croire qu'une colonne de fumée sur fond de champ de persil, ça se voit et de loin !
Pour le reste, il s'agit d'une accumulation d'erreurs et de mauvaises estimations, le tout conduisant à la mésaventure que l'on sait.
Pas de livre en vue. Les mauvaises langues en seront là aussi pour leurs frais. Entre le guyanais frappé de guyanite aigüe reprochant à des journalistes métropolitains d'avoir sali "son pays" sous prétexte qu'ils ont osé écrire qu'il y avait des mygales en Guyane, le contribuable amer à la pensée de voir nos randonneurs faire du fric en revendant le récit de leurs "exploits"... La palette est plus que largement surchargée en conneries. Tellement surchargée que blada.com vient de décider de censurer tous les commentaires relatifs à cette affaire...
Que restera-t-il de cette histoire ? L'essentiel oublié ! Le fait que deux hommes ne connaissant que superficiellement la forêt guyanaise y ont passé 52 jours. Sans arme ni GPS, sans matériel de pêche ni téléphone satellite, avec une douzaine de jours de nourriture et une machette. Ils ont failli y laisser leur peau mais 52 jours est une performance méritant d'être saluée.
Quant à écrire un livre sur la base de ces erreurs, pourquoi pas ? Un policier était parti à la chasse de nuit le soir même de son arrivée en Guyane. Son premier coup de fusil fut tiré sur un paisible zébu pâturant tranquillement du côté de Mana. Quelques mois plus tard, ce policier écrivait un livre sur la chasse en Guyane... Tous les espoirs sont donc permis.
Que dire pour conclure ? Loïc et Guilhem, vous nous avez fait très peur. Nous sommes contents que vous vous en soyez tirés vivants. Inutile de vous dire de ne plus recommencer ce genre de plaisanterie, nous pensons que vous êtes désormais vaccinés...
Bonne chance et bonne continuation.

PS : Essayez de pardonner à tous ceux qui ont divagué sur votre aventure. Pendant un temps, ça les a sortis de leur grisaille quotidienne. Je n'oublierai pas de renouveler ici les félicitations qui s'imposent à l'égard de tous les sauveteurs.


12/04/2007 - - Perdu en jungle.

Je reviens vers vous pour vous informer que les deux disparus en forêt tropicale en Guyane monnayent leur interview 1000 € de l'heure et à Paris Match voulaient vendre 60000 euros leur aventure. A méditer sur la véracité de la disparition.!!!!!!!!!

Réponse : Un peu fort de café !!!! Si cela s'avèrait exact, attendons pour voir ce qu'ils feront de cet argent. S'ils le gardaient, on pourrait crier au scandale. J'imagine que le fisc et autorités préfectorales sont aussi à l'affût des évènements et que de l'attitude de ces deux égarés dépendra la décision de leur faire rembourser ou non les frais de recherche... Il est absolument intolérable de penser qu'ils puissent se faire du fric sur le dos du contribuable. J'entends déjà la chorale des pleureuses parlant ici ou là, sur les forums des vieux réacs médisants et jaloux. Nous verrions leur réaction si cette nouvelle se confirmait....
Quant à écrire un livre, si d'aventure ils le faisaient, comment l'intituleraient-il ? Histoire d'un échec ? Comment se perdre en forêt guyanaise ? Blaff de mygale ? Ou alors, LA BROUSSE POUR LES NULS ? Mieux ! MYGALES SOUS CANOPEE ! Ca, ça accroche !
Moi, si je devais m'instruire à partir d'un ouvrage de ce type, j'éviterais ce genre de publication. Sauf si bien sur, je limitais ma recherche à ce qu'il ne faut surtout pas faire...
Le pire réside sans doute dans le fait que les doutes et zones d'ombre concernant cette affaire risquent de générer des suspicions quant à d'autres personnes véritablement perdues. Il faudra donc rapidement trancher sur ce cas.
Je rappelle être empli de doutes relativement à des colonnes de fumée invisibles et ne comprends pas du tout le bien fondé des trois semaines d'arrêt.


24/04/2007 - - Perdu en jungle.
Comme vieux guyanais(30ans de Guyane), j'ai suivi l'aventure bizarre de ces jeunes gens perdus en forêt. Je dis bizarre car de nombreux points m'interpellent et me choque dans cette histoire. J'ai vu la photographie du campement de ces deux "égarés":un endroit charmant au bord d'une petite
crique. Première question:pourquoi se nourrire d'insectes et de mygales alors qu'il est mille fois plus aisé d'attraper même sans ustensile adéquat des petits "yayas"(poissons) qui foisonnent dans les criques alors qu'au contraire attraper une mygale est beaucoup plus aléatoire.Les terraphosas vivent dans des terriers et sortent la nuit pour chasser.Peut-être est ce plus glorifiant de manger des araignées que de la friture. Revenons à ce campement,si on examine bien la photo,on peut se poser la question suivante:comment se fait-il que le sol soit aussi bien nettoyé? Pas de feuilles,pas d'herbe, pas d'arbrisseaux qui repoussent.Avaient-ils un balai ou une binette dans leur musette? On a l'impression qu'une famille de Saramacas a séjourné là un bon moment tant la clairière est belle.Ne voit-on pas l'amorce d'un layon qui longe la crique en descendant? Et ai'je vraiment mauvaise vue ou c'est bien un billot de bois tronçonné que j'aperçois sous leur toile de tente? Mais peut-être qu'avec le balai et la binette ils avaient aussi une tronçonneuse entre les cotons tige et le déodorant. Je suis persuadé que tous les "broussards" de Guyane se tordent de rire quand on veut leur faire croire qu'alors qu'on est perdu en pleine forêt primaire,on voit un avion passer et on se dit tiens,c'est l'omnibus de Saül,mon pote est malade, je vais chercher du secours"J'ai lu quelque part qu'ils avaient une carte au 200.000°et pas de GPS. J'aimerais savoir comment à partir d'un point inconnu, puisqu'on est perdu on peut rejoindre un autre point? En suivant l'avion? Et enfin plutôt que de manger une mygale mal cuite, le copain n'aurait-il pas choper un bon vieux palu? Rien de tel comme cure d'amaigrissement. Je sais de quoi je parle. Enfin! Ces propos ne sont peut-être que le fruit de mon vieux septicisme. Je m'imagine trés bien, deux jeunes gens aguerris aux randonnées qui décident de se faire une petite opération survie en Guyane mais...

Réponse : Que de logique dans votre intervention ! Je retrouve là certains parfums de cette forêt. Plusieurs points sont en effet bizarres dans cette aventure. Je n'ai pas vu cette image mais resterai prudent sur des interprétations de ce type sauf s'il est bien précisé que l'image en question est bien celle du carbet d'attente.
La valeur des images ? Par exemple, certaines photos illustrant ce site parlant de la Guyane ont été prises chez moi, ici au Québec...

05/05/2007 - - Perdu en jungle.
Point d'aigritude svp
Si vous êtes tant intéressés par l'économie des secours et les sous du contribuable, c'est par exemple à l'alcool qu'il faut s'attaquer et s'enrager. Je ne pense me tromper en avançant qu'à l'échelle de la France, le cout d'une seule semaine de ramassage de pich (langage pompier lorsque l'on se déplace ramasser de la viande saoule) de violences et d'accidents de la route dus à l'alcool dépasse allègrement les 100 000 euros pour le contribuable et enrage les secours dégoutés de ce quotidien lamentable. ET personne ne leurs demande quoique ce soit ! La France alcoolique oui mais des gens amateurs d'aventure et de verdure non (2 en l'occurrence contre combien de soulains ramassés par semaine...). Bravo !
Je pense qu'il y a des combats autrement plus utiles que de jeter la pierre à ceux qui tentent l'évasion du troupeau aussi maladroite soit elle.

Réponse : Pas de généralitude (pour parler comme une dinde royale) SVP. Il y a aussi le crackman de base qui coûte un max à la société. Tout a un coût, le plus cher restant la bêtise humaine, de surcroit inépuisable ce qui est désespérant. C'est bien la connerie qui coûte le plus cher. L'histoire de nos deux guignols en est un bon exemple.
Pour ce qui est de s'évader du troupeau, geste Ô combien louable s'il en est, il existe une foule de méthodes autres que les paradis artificiels alcoolisés ou fumeux. Ou encore vouloir jouer aux apprenti Indiana Jones, se planter lamentablement avant de rentrer se refaire une santé dans son petit confort en essayant de se faire oublier. Et en prenant bien soin de ne pas lever les nombreuses zones d'ombre restant sur cette affaire. La bonne question à se poser serait de savoir qui prend le plus autrui pour un imbécile.

13/05/2007 - - Perdu en jungle.
Bonjour,
j'ai passé un peu de temps en Guyane y a 15 ans maintenant, et depuis, j'ai arpenté un sacré paquet de forêts pluviales que ce soit en Afrique, En Asie, en Amérique du Sud.
Bref, je rentre d'Afrique, et je vois que le débat sur les deux "randonneurs" continue.
Pour moi, la question ne se pose pas.
C'est pipo depuis le début. PIPO. Le truc, ils se sont fait prendre à leur propre piege : La Préfecture les a sérieusement mis en garde : Si vous vous faites le moindre business avec votre mesaventure, on vous envoie la facture. Depuis, ils sont comme des cons...
J'espère que la Gendarmerie va réussir à bien prouver que tout ça a été monté de toute pièce... pour se faire un petit Koh Lanta a deux balles.
C'est incroyable que les journalistes n'aient pas vu le coup venir le premier jour...
On ne part pas à deux sans un flingue, sans un machette par personne et sans savoir où trouver du poisson... à foison...
Quant au GPS, oui, je pense qu'aucun de mes ex-confrères de la presse ne sait comment ça marche en autonomie complète en forêt durant plusieurs semaines...
Bref, du PIPO.
Merci pour ce site TRES bien foutu.
Christophe - Photographe.

02/06/2007 - - Perdu en jungle.Toutes mes félicitations pour l'article sur les procédures à suivre en cas de perte en profonde, rien à rajouter... Je ne ferais pas mieux.
Bien vu pour le mental, pour ma part ayant navigué 20 ans entre les tètes de l'Approuague la Waki, la Mana, bien sur Dorlin, Maraudeur et l'Abounamy je ne puis que concorder avec tout ce qui a été décrit...
J'ai parcouru environs 6000 kilomètres dans l'intérieur pour raisons professionnelles (mines) et l'expérience acquise n'a pas été facile et ce sont des vieux prospecteurs qui me l'ont offerte, ceci expliquant cela.
Sinon une réponse m'a interpellé ; un téléphone satellite normal n'atteint pas 5 kgs, ça ce serait plutot le modèle avec antenne parapluie et fax (vraiment pas utile donc).
Une curiosité est à vous signaler tout de mème mais ne concerne pas ou trés peu ce sujet : savez-vous que si vous arriver à monter sur une colline bien haute tout de mème, vous arrivez à accrocher le réseau d'Orange ! Bon, il ya des limites, par exemple en hélico vous etes encore connecté lorsque vous atteignez l'Abounamy. Sur la piste de Paul Isnard des pistes forestières passant sur des crètes bien dégagées (pas toutes malheureusement) vous permette de contacter toujours le mème opérateur, je suis bien concerné par ce problème étant opérateur minier dans cette région.
Evidemment du coté de Saul c'est plus possible... mais là dessus je ne dirais rien n'étant pas suffisamment informé et tout étant possible.

Réponse : Pour le téléphone satellite, je voulais parler d'une valise Inmarsat, modèle de 1994... Depuis, j'imagine sans peine que ça s'est miniaturisé !




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