On parle énormément - et à juste titre - de cette grotesque pantalonnade de la Guyane moderne qu'est l'orpaillage clandestin.
Mais l'orpaillage qualifié de légal est-il vraiment sans danger ?
Tout est-il vraiment "clean", au-dessus de tout soupçon dans cette pratique autorisée ?
Quelques images ci-dessous montreront une petite partie de l'impact de l'orpaillage dit légal sur l'environnement.
Amis lecteurs, cherchez les différences...
C'est beau, hein ?
Forêt rasée, sol retourné, lavé, bouleversé, stérilisé pour de longues années.
C'est un massacre, mais il est légal.
Vous avez dit qu'on a le droit ?
On peut foncer alors ?
Déforester...
Creuser...
Pelleter...
Laver...
Construire des bâtiments...
Ouvrir des pistes...
Créer des bassins de décantation pour pouvoir dire qu'on protège l'environnement...
Et vu d'avion, c'est joli. On dirait des parcs à chevrettes...
Il y en a de toutes les couleurs...
Ils sont assemblés, bord à bord...
L'ensemble constitue une belle mosaïque... Pour un peu, ça inviterait presqu'au bain...
Combien de milliers de tonnes de minerai travaillées pour récolter quelques tonnes de métal jaune ?
Au final, le coût environnemental de ce crime contre le milieu naturel et ses retombées couvreront-ils les bénéfices réalisés (par qui ?) ?
Tout le monde n'a pas l'opportunité de survoler la Guyane.
Les médias diffusent-ils ce genre de clichés en quantité suffisante, assez souvent ?
Quelles explications sont fournies, justifiant de telles atteintes au milieu naturel guyanais ?
Et ce fleuve artificiel, véritable tranchée béante, taillée à vif dans le manteau forestier...
Combien d'années pour qu'il cicatrise, que la forêt reprenne ses droits ?
Ca y est ? Vous commencez à entrevoir des différences entre l'orpaillage légal et le clandestin ?
Vous devez avoir une bonne vue...
Les légaux vous diront sans doute qu'ils font des bassins de décantation afin de ne pas trop polluer en aval et que ceux-ci leur coute très cher...
Ils pourront rajouter qu'ils utilisent des tables à secousses, histoire de ne pas disperser trop de mercure dans l'environnement...
Ils se targueront d'employer des gens en situation régulière et déclarés...
Ils se placeront du côté de la Loi, affirmeront subir en permanence des contrôles tâtillons...
Bref, nous avons affaire à des gens respectueux du règlement.
La question est de savoir sur quoi débouche ce respect du règlement.
Réglement... Un mot qui doit faire beaucoup rire dans le milieu ( c'est le cas de le dire) de l'orpaillage.
Car finalement, ce qui compte, ce qui importe, n'est-ce pas le bilan écologique global ?
Toutes les images de ce dossier m'ont été adressées sous couvert de l'anonymat.
A qui fera-t-on croire que ces larges et profondes saignées dans la jungle - même légales - sont sans conséquences néfastes ?
Un jour j'ai vu un de ces pillards assurer sans rire et sans honte sur une chaine de télé locale qu'il orpaillait parce que c'était une aventure humaine. Et d'ajouter sans trop s'aventurer - dans les turpitudes d'une dissertation ne pouvant être qu'au rabais - que c'était une activité écologique. Soit qu'il n'a rien compris ou alors ce type se foutait de la gueule du monde.
Un peu comme cet "épicier" sévissant entre Brésil et Guyane, passant dans une émission traitant pudiquement de l'orpaillage et affirmant assurer sa survie parmi les garimpeiros-piranhas avec un simple revolver à grenaille...
Il fera croire ça à qui notre trafiquant ? Donnez-lui un rasoir électrique et il assure la sécurité en Irak...
Il y a décidément de sacrés soleils dans le milieu de l'orpaillage...
Enfin, si l'on continue à ce rythme, la forêt guyanaise ne sera bientôt plus qu'un souvenir visible seulement sur cartes postales.
La vision des quelques images ci-dessous devrait inciter les pouvoirs publics à interdire toute forme d'orpaillage.
Pas de soucis à se faire.
Les administrations veillent...
Ca contrôle sec...
On est rassuré...
Ben moi, pas tant que ça. Et je fais plus que m'interroger sur le bien fondé de l'éventuel débarquement de Iamgold en Guyane.
Un nouveau ravageur en terre d'anarchie...
Donc, ces images sont des exemples d'une activité légale, encadrée, suivie, contrôlée...
En phase avec l'environnement.
Et avec les commissions versées au titre de redevances sur les concessions ? Il faut bien comprendre que quel que soit le montant des redevances versé, il sera sans commune mesure avec le préjudice causé.
Que ce soit vu d'avion ou au ras du sol, ça sent le respect du milieu naturel à plein nez.
N'est-ce pas évident ?
Ca tombe sous le sens, ça saute aux yeux.
Mais à qui profite ce crime ? A une poignée de "businessmen ou businessgirls" tropicaux matiné(e)s de requin , qu'ils soient pillards de la nature, marchands de matériels et d'engins, ou les deux à la fois. Si ça ne rapportait pas gros, seraient-ils là, accrochés à leurs revenus, défendant bec et ongle leur entreprise de destruction de l'environnement.
Aucune raison de se priver...
Roulez casquettes !
Vous venez de voir des images d'une activité en phase avec la protection de l'Environnement. Ces gens pourront se vanter de réaliser un travail collant de près au respect des espaces naturels.
L'écologie, tout de même, c'est simple comme un coup de godet !
Les orpailleurs légaux pourront dire ce qu'ils veulent. Le résultat de leur activité est là sur le terrain et tout le monde pourra le constater. Et encore, ces quelques images ne montrent qu'une partie de l'iceberg ! La seule motivation de ces conquistadors des temps modernes est LE FRIC A TOUT PRIX. Ces gens qu'il faut bien qualifier de rapaces ne regardent que leurs intérêts. Ils se foutent complètement du reste. Peu leur importe la protection des espaces naturels et ils sont prêts à tout pour assouvir leur boulimie. Leurs gargarismes à la légalité balbutiante sont là car imposés par un embryon de législation. Que la poignée de fonctionnaires chargés de contrôler ces pillards soit réduite ou manque d'assiduité et ce sera le retour à l'anarchie complète !
Au fait, les différences entre orpaillage légal et clandestin, vous les avez trouvées ? Si oui, merci de nous les signaler. Pour moi il n'y a pas photo et en additionnant le légal et le clandestin, on arrive à un beau gâchis.