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GUYANECHO
Guyane, Amazonie française
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Dialogue garimpeiro

11/02/2008 - Lu 485 fois
Une "conversation" avec un orpailleur garimpeiro...

Conversation avec un garimpeiro…


Je me souviens d'une soirée passée chez des amis de Saint-Laurent aux environs de la fin 2003. Bonne pâte, mon copain avait eu la bonne idée de récupérer un garimpeiro sur une piste forestière. La voiture du brésilien était en panne…
Mon bon samaritain d'ami a offert l'hospitalité à ce brésilien et en tant qu'invité, j'ai évidemment participé à la conversation.

Ce que j'en ai retenu est qu'il ne faut certainement pas s'apitoyer sur le sort de ces gens. J'ignore si notre garimpeiro frimait ou pas.

Ce que je sais est qu'il suscitait plus de dégout que de pitié.
Deux choses semblaient vraiment compter pour lui : La nourriture et sa pelle mécanique…

Le fait qu'il soit étranger en situation irrégulière ne le perturbait nullement. Il avait même tendance à se moquer ouvertement des autorités françaises qu'il affirmait sans honte comme faibles, corrompues et inoffensives.

Il avait une équipe de chasseurs ayant depuis longtemps fait le ménage autour de son placer.

Suite à quelques questions de ma part ayant trait à la protection de la faune, il se vanta même de "gérer" celle-ci. Oh, son plan de gestion était plus que simpliste et se limitait à celle d'un garde-manger en plein air. C'est ainsi qu'il nous expliqua qu'un tapir passait régulièrement à proximité de son placer. Il se targua de pouvoir le tuer quand il le voulait mais avoua fièrement qu'il le gardait en réserve pour "quand on en aura besoin". Ca, c'est de la gestion durable ou je ne m'y connais pas.

La question du mercure déversé dans la nature et les pollutions dramatiques qu'il génère effleurait bien sa conscience et il mit un point d'honneur à me rassurer : Le mercure est très cher et nous faisons attention en le manipulant". Reste à savoir le niveau réel des dites attentions… Il ne me fallut pas longtemps pour en avoir une brève idée. Lorsque je lui parla de table à secousse, il fut tout simplement pris d'un long fou rire.
Le comble fut atteint lorsque, revenant sur la problématique de la nourriture en forêt, il se vanta d'utiliser sa pelle mécanique pour capturer du poisson. La méthode était on ne peut plus simple : il suffit de barrer une crique à grands coups de godets de terre, la détourner et de ramasser le poisson dans le lit momentanément asséché… Ca mord ?
 
Nous étions très loin de l'image misérabiliste colportée par les membres de la chorale des pleureuses faiblardes patentées ! Le brave brésilien fuyant la misère sévissant dans son malheureux pays...

Quand bien même cela serait, lorsqu'on entend raconter ça et là que fuyant cette fameuse misère, ils ne trouvent en Guyane que l'esclavage et souvent la mort, on ne voit pas vraiment l'intérêt qu'ils ont à traverser la frontière et venir nous piller.

En tous cas, ce n'était pas et de toute évidence le cas de mon fier interlocuteur.

Face à ce comportement de matamore essuyant sans vergogne ses pompes sales sur le drapeau du pays conquis, je ne pus que réagir même si, invité chez un ami, je n'étais pas totalement chez moi. Je lui fis part que si j'avais un brin de pouvoir, lui et ses semblables seraient repoussés manu militari dans leur pays.
Le ton monta, je fus traité de raciste et mon ami dut le calmer.
Bien sur, dire à un étranger en situation irrégulière qu'il n'a rien à faire sur le territoire national, encore moins le piller, le polluer, le détruire, tout ça n'est pas forcément de la meilleure courtoisie... Lui dire que le cas échéant, il conviendrait d'utiliser à l'encontre de ses collègues orpilleurs les mêmes méthodes que les fédéraux de son pays d'origine, à savoir en tuer quelques-uns si nécessaire, c'est manquer carrément de finesse....
Mais que voulez-vous ? Ne suis-je pas naturellement, définitivement un peu brut de décoffrage ?
 
Les positions étaient néanmoins clairement fixées et la suite du repas connut pas mal de regards "amicaux".
La situation était on ne peut plus claire : L'étranger, le méchant, c'était moi...

C'est qu'ils ont un cœur ces garimpeiros. Un peu sans gêne certes mais ce sont des êtres humains, non ?
Foutez-moi donc ça dehors ! Et au besoin, à grands coups de godets de sa pelle mécanique !


Commentaires :
01/08/2008 - - Dialogue garimpeiro

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Un peu simpliste, l'analyse, après une conversation avec un seul garimpeiro. j'ai connu un brésilien coupeur de planches sur le Haut-Maroni, et d'autres garimpeiros : leur misère et leur désarroi sont bien réelles. Les virer sans distinction entre les cyniques (le cas cité dans l'article) et les autres, cela relève de l'amalgame.

Réponse : A propos simplistes, réponse bêlante... L'amalgame, les garimpeiros le pratiquent aussi, et à grande échelle ! C'est avec le genre de raisonnement comme le vôtre qu'on est envahi et que le milieu naturel est pillé ! Leur misère, nous n'avons pas à l'assumer et elle ne saurait constituer une excuse. D'ailleurs, repartent-ils plus riches, moins pauvres ? Non. Alors...
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