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GUYANECHO
Guyane, Amazonie française
Sans langue de bois ni complaisance
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Perdus: Un an déjà.

31/03/2008 - Lu 842 fois
Les zozos de la jungle bientôt de retour ?

Les perdus en jungle amazonienne reviendront-ils à Saül ?


Selon Cyrille Louis, envoyé spécial du Figaro à Marseille du 27/03/2008, un des naufragés de la forêt guyanaise raconte… Les extraits de l'article sont mis en italique.

Tous se souviennent de ces gentils aventuriers de supermarché venus en Guyane pour rejoindre Saül à pied.

"Déjà très affaibli, Guilhem Nayral est tombé malade pour avoir mangé une mygale mal cuite".
Cette affaire de mygale mal cuite est énoncée avec un naturel faisant plaisir à voir ! Un peu comme si manger des araignées était un grand classique chez les usagers de la forêt guyanaise… Et vlan ! Voici que l'erreur fatale débarque sans crier gare. Non pas une mauvaise stratégie, une appréciation erronée des difficultés de l'entreprise, ou encore un accident sur le parcours,. Du genre jambe cassée, morsure de reptile, un truc sérieux, quoi.

 Non, le grain de sable qui arrive à faire dérailler la machine prétendument bien huilée, c'est une erreur culinaire, une faute de cordon bleu, la gaffe de soubrette. Ah, que si la mygale eut été bien cuite ! Pathétique…

"Un an après, ce Marseillais de 35 ans répond dans Le Figaro à ceux qui avaient alors dénoncé son «imprudence»."
"Guilhem Nayral peine à digérer son «échec». Parti avec son ami Loïc Pillois, le 13 février 2007, pour une traversée de 125 kilomètres à la boussole et à la machette, il devait rejoindre le village de Saül, après onze jours de marche. Sept semaines plus tard, c'est sur une civière que ce paysagiste était sorti in extremis de la forêt pour affronter, presque aussitôt, reproches et soupçons. «Dans les jours qui ont suivi, on a tout entendu», raconte Nayral.

Partir en forêt guyanaise pour une traversée de plus de 120 kilomètres avec une carte de mauvaise qualité ne permettant pas de se diriger ou positionner avec précision relève de l'irresponsabilité complète. L'absence de GPS sur un tel parcours confine à la folie. Quant à ne pas s'embarrasser d'une arme de chasse sous prétexte de considérations écologiques nullement de mise pour une telle randonnée, il faut bien admettre qu'on touche là à la connerie à l'état solide.
"Certains nous ont traités comme des ramasseurs de champignons qui seraient partis à l'aventure sans rien connaître de la forêt primaire."
Je dirai sans hésiter que ceux qui ont parlé de chercheurs de champignons sont bien gentils. Nayral et son copain Pillois ne nous ont jamais expliqué ce qu'ils connaissent de la forêt guyanaise. Moi qui suis un professionnel de la forêt, j'affirme que plusieurs vies passées dans cette jungle ne suffiraient pas à en percer l'essentiel des secrets.

Au cours de ma carrière de forestier, j'ai rencontré bien des gens ayant une excellente connaissance de la jungle amazonienne et qui savaient faire preuve d'humilité face à elle. D'ailleurs, plus on la connaît cette forêt et plus on se fait petit. Alors, que penser des aptitudes réelles de ces deux tendres pâlichons fraichement débarqués de l'Airbus ? La réponse est lisible dans leurs comportements. Je vais même rajouter avoir observé en tant que gérant du Vieux Broussard S.A.R.L. à Saint-Laurent du Maroni que tous les clients venant acheter des purificateurs d'eau étaient ceux semblant présenter le moins d'aptitudes aux pénétrations en forêt profonde.
Ne pas prendre de petit matériel de pêche (Quelques hameçons, un peu de fil…) est symptomatique de la méconnaissance crasse des moyens de manger en milieu forestier guyanais.
Saviez-vous que toutes les graines de palmiers sont comestibles et particulièrement énergétiques pour certaines d'entre elles que vous auriez pu donc manger ?
Vous auriez pu aussi capturer de petits poissons à l'aide de votre machette.
Vous avez préféré tester in situ des végétaux et animaux dont vous ignoriez tout, attendre un peu pour en voir les effets éventuels. Tout simplement hallucinant !
Le problème est qu'après une telle expérience malheureuse Nayral par ses propos semble ne pas avoir encore compris et reste prêt à repartir pour une "cueillette" (?). Sont-elles si délicieuses les mygales pour susciter l'envie d'une nouvelle aventure ?
L'erreur est humaine mais persévérer est diabolique ! Messieurs, vous vous êtes pris et continuez peut-être à vous prendre pour des randonneurs expérimentés. Vous pouvez continuer à le croire, vous en auto persuader mais vos airs de flute ne convaincront personne. En tous cas ni moi ni ceux qui connaissent un tout petit peu cette forêt. Vous êtes inconscients, dangereux et vos bêtises coutent fort cher au contribuable.
Les services préfectoraux vous ont signifiés – et à juste titre - qu'il vous faudrait rembourser les 100 000 € qui ont été dépensés pour vous récupérer dans l'hypothèse où vous vendriez votre balade de mauvaise santé. Ce serait d'ailleurs selon moi une fort bonne chose que vous commercialisiez le récit de vos "exploits" afin de rembourser même partiellement ces frais, non ? Au lieu d'envisager de réparer il semblerait que vous soyez préoccupé à vous chercher des excuses.
Il faut une bonne dose d'inconscience pour oser nier son total échec dans cette aventure qui présente encore pas mal de zones d'ombre n'en déplaise à ces deux touristes. Des questions précises ont été posées et qui sont restées sans réponse satisfaisante.

Par exemple, j'affirme que la fumée d'un feu se voit de loin lorsqu'on survole la forêt. Surtout si ce feu est chargé de branchages verts, à l'approche d'un hélicoptère…

Autre exemple : Pourquoi s'être arrêté du côté de Dégrad Cariacou (?) et attendre stupidement plusieurs semaines, passant son temps à écouter passer les hélicoptères, l'avion quotidien de Saül et se laisser dépérir, crever à petit feu ? Cet avion de Saül passant chaque jour vous permettait pourtant de rejoindre l'aéroport à l'oreille, en prenant l'azimut du bruit. Vous étiez fatigués ? Et alors ! Deux jours de repos et ensuite, une petite progression quotidienne vers le terrain et le tour était joué ! Mes propos sont d'autant plus pertinents que Pillois a réalisé ce parcours alors qu'il était considérablement affaibli.

Pour l'avoir parcourue en 1993 je sais que cette zone est assez riche en layons et chemins de toutes sortes.
Je reste persuadé que l'orpaillage clandestin en a densifié le réseau ! Pourquoi alors n'avoir pas emprunté une de ces pistes ou plus simplement encore, tenté de rejoindre - tant que la forme physique le permettait – l'aéroport de Saül signalé quotidiennement par l'avion ?
Pourquoi être resté plusieurs semaines à tenter de se faire repérer en utilisant des méthodes ne marchant pas ? Suite à ce constat d'échec, quelles autres solutions avez-vous imaginées pouvant être de nature à favoriser votre localisation ?
Pourquoi avoir attendu d'être au bord de la mort pour bouger ?

J'ai signé la pétition demandant la poursuite des recherches. J'ai via Internet apporté une aide selon mes connaissances et ne regrette rien de ces deux actions. Mais je m'arroge le droit de faire quelques observations sur votre mésaventure. Votre bilan ? Il est simple :
Vous ne connaissez rien à la forêt guyanaise et en avez sous-estimé les difficultés.
Vous avez surestimé vos capacités et potentiels.
Vous n'avez pas satisfait aux exigences minimales en termes de matériels que nécessite une telle expédition.
Vous avez tout faux du début à la fin.
Vous pouvez essayer de nous bourrer le mou autant que vous voudrez mais sachez que la colle ne prend plus.

Un an après, Nayral continue d'endurer certains symptômes des maladies contractées durant son séjour en forêt. Mais, du bout des lèvres, il déclare : «Je sais qu'un jour, je retournerai à Saül.»

Partis sans connaissances de ce milieu ni munis des outils pour y évoluer, vous avez mis vos vies en danger, semé l'angoisse chez vos proches. De plus, ce genre de bévue sème une fois de plus un parfum de mauvaise réputation sur la forêt guyanaise et la Guyane en général qui s'en passeraient bien.
Vous qui vous targuez d'être écologistes, avez-vous seulement essayé de faire le bilan carbone de votre expédition ?
Dans votre bêtise, vous avez eu de la chance. Beaucoup de chance. Finalement, tout ce que vous aurez réussi c'est de mesurer les limites de vos résistances physique et morale. Ceci n'appartient qu'à vous. Votre affaire est aussi un cas d'école en ce sens qu'il montre ce qu'il ne faut pas faire. Soyez-en remerciés. Pour le reste, cette mauvaise aventure restera gravée en vous toute votre vie et un peu aussi dans la mémoire des contribuables.
Mon conseil ? Ne vous éloignez pas trop du bitume et surtout, n'oubliez jamais votre carte de crédit…
Quant à ceux qualifiant d'hostile le milieu naturel guyanais, qu'ils sachent que celui-ci est un de ceux offrant le plus de possibilités de survie au monde. Il suffit de le connaitre un peu.







 Commentaires :
03/04/2008 - - Perdus: Un an déjà.
Je pense que tout a été ( bien ) dit au sujet de cette " randonnée ! No comment !
Réponse : C'est juste pour ne pas les laisser faire dans l'auto-amnistie et réécrire l'histoire à leur avantage... Les limites de la connerie doivent bien être fixées à un moment ou l'autre ! Dans une prochaine étape il aurait sans doute été question de reprocher aux livres de recettes de ne pas avoir prévu celle de la mygale sous canopée ou du gratin de scarabée...Et pourquoi pas leur verser des indemnités ? En France aussi, tout est possible....

05/04/2008 - - Perdus: Un an déjà.Commme tu l'as dis, une belle bande de glandus.

10/04/2008 - - Perdus: Un an déjà.
Bonjour à tous,

J'ai vaguement suivis l'histoire à la télé, je n'ai certes pas ta connaissance de la foret guyanaise mais j'en suis arrivé aux memes conclusions que toi. Deux possibilités, soit on a à faire à deux debiles et dans ce cas il faut les orienter vers un service medical pour les soigner et les empecher de se faire du mal, soit on a à faire à deux fumistes qui ont pensé qu'ils deviendraient des heros en survivant à la foret equatoriale et eventuellement degager un profit du recit de l'aventure. C'est comme si moi qui n'ai jamais gravis une montagne, je pretendais me faire l'evrest en solo demain matin. Il me semble qu'on a deja fait bien trop de pub à ces gars la, c'est plutot d'un bon coup de pied au cul dont ils auraient besoin. Qu'il ose evoquer de revenir à Saul, je trouve ça proprement enorme, tout ce qu'il merite c'est que le prefet lui interdise de revenir en guyane et surtout une belle amende pour avoir fait depenser tant de moyen pour les sortir de la merde.

J'ai bossé dans une armurerie à Cayenne et j'ai vu pas mal de cintrés, je me souviens nottament de deux gars, à peine sortis de l'avion, qui me demandent un lance pierre en m'expliquant qu'ils comptaient la dessus pour chasser et se nourrir... Pourquoi pas un boomerang tant qu'on y est? Je ne sais malheureusement pas ce qu'ils sont devenus, je pense qu'ils ont fini par se rendre à l'evidence et retourner en metropole puisqu'on en a jamais plus entendu parler. Tout ça pour dire, que les cinglés c'est pas ça qui manque et qu'on en verra d'autres. Alors tant de bruit pour deux illuminés de plus, ne perdont nous pas notre temps?

01/05/2008 - - Perdus: Un an déjà.

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suis assez d'accord mais le dit moins fort...une autre chose un peu énervante aussi est le fait qu'on nous présente ces gens presque comme des héros de la survie...tout est question de point de vue!
vous souhaite de bonnes 'ballades' en forêt ,en espérant qu'elles se terminent mieux...
juste un commentaire supplémentaire ,j'ai testé bcp de GPS et lorsque l'on n'est pas sur une crique a ciel dégagé ,il est difficile de faire un point 'en forêt profonde) ;celà dit bien sur qq points suffisent ,au moins pr faire demi tour ou prendre un cap vers la destination...

19/05/2008 - - Perdus: Un an déjà.

En rouge gras, la réponse du webmaster

En premier lieu, bravo pour ce site, à la foi humble et très précis sur la forêt guyanaise.

Merci..

Je souhaiterais toutefois intervenir sur cette affaire et plus particulièrement sur les commentaires publiés sur ce site, que ce soit ceux de l'auteur ou des visiteurs.
Je dois avant tout préciser que je ne connais absolument pas ces personnes, et que je n'ai a priori pas de raison de prendre leur défense. Mais je trouve que ce site, si censé par ailleurs, a un peu tendance à tomber dans l'extrémisme et l'intolérance sur ce sujet. J'espère donc rétablir un peu l'équilibre.

1. L'objectivité des faits
Tous ces commentaires se basent sur les informations divulguées par les médias. Or, faut-il le rappeler, les médias publient ce dont ils ont envie, et surtout ce qui est vendeur. La majorité des journalistes n'inventent pas ce qu'ils rapportent. Mais disons qu'ils ne conservent des faits et de leurs entretiens que ce qui alimente la vision qu'ils ont de l'événement, ou l'image qu'ils veulent en donner.
Annoncer que les deux protagonistes ont survécu en "taquinant le goujon" le matin et en faisant la sieste l'après-midi n'aurait eu aucun succès. Dire qu'ils ont mangé des mygales grillées, alors ça oui, c'est très exotique. Frissons garantis pour le citadin. Et donc c'est ce qui reste, même si ce n'est arrivé qu'une ou deux fois ou que ce n'était qu'anecdotique dans le recit original de Loïc Pillois. En résumé, il est illusoire de pouvoir porter un jugement sur cette aventure et sur les protagonistes sans discuter directement avec eux.

Ben non, justement ! J'ai passé plus de vingt ans en forêt guyanaise, m'y suis perdu plus d'une paire de fois et n'ai jamais mangé ni insectes ni mygales...
Depuis le Québec j'ai "participé" aux recherches des deux lascars et mon analyse de la situation était très proche de la réalité, tout comme mes pronostics. Mais de cela bien sur, il ne faut pas en parler, puisque dés le départ j'ai avancé l'idée d'un calcul optimiste de la progression, une mauvaise préparation, etc. Voir leur blog.

J'attends toujours une explication sérieuse sur la fumée, non détectée par les secours aériens. Et là, ça coince sérieusement !!!


2. L'inexpérience et l'inconscience
C'est toujours facile de juger après coup, surtout ceux qui ont échoué. Bien sûr il y avait des risques. Bien sûr ils ont commis des erreurs, ou plutôt des négligeances. Mais qui, au départ de cette aventure, aurait oser parier toute sa fortune en disant : ils n'ont absolument AUCUNE chance d'y arriver ? Avant eux, combien de personnes ont effectué des expéditions similaires, avec pas forcément plus de compétences ni de moyens, et s'en sont sorti sans aucun problème ? Et puis dans le fond ils s'en sont sortis, non ? Oh pas dans un état bien brillant et avec de l'aide pour l'un des deux. Mais ils ont passé 54 jours en forêt sans armes avec de la nourriture pour 12 jours, et l'un deux est même arrivé à son but par ses propres moyens. Et ça aussi ce sont des faits que certains ont tendance à minimiser, voire à discréditer en jetant le doute sur leur véracité. Probablement que ça énerve un peu les vieux broussards qu'une telle performance ait été accomplie par une personne "étrangère" et sans expérience. Autant l'échec n'est dû qu'à leurs erreurs, autant la réussite n'est due qu'à la chance. Pas très fair-play...
Ce qui énerve les vieux broussards, ce n'est pas le fait qu'ils s'en soient sortis (Tous en sont extrêmement satisfaits).
Ce n'est pas non plus le fait qu'ils aient tenus presque deux mois avec deux semaines de nourriture. En fait ils étaient dans un garde -manger plein à ras la gueule mais n'avaient pas la clef...
Tiens, toi aussi tu as remarqué qu'ils n'avaient pas d'arme ?

Par ailleurs, il faut bien distinguer prise de risque et inconscience. Visiblement ces jeunes gens n'avaient par exemple pas de GPS ni de téléphone satellite. L'inconscience c'est d'ignorer que ça existe, ou de ne jamais penser à les acquérir. Par contre savoir que cela apporte de la sécurité, mais décider de ne pas en emporter pour une raison X ou Y (le prix est raison qui en vaut une autre), c'est "simplement" prendre un risque supplémentaire.
Et honnêtement, quel serait l'intérêt d'une expédition de ce type si elle ne comportait aucun risque ?
Oui, ils étaient certainement en quête de sensations fortes. Et alors, pourquoi pas ? Des milliers de personnes vont se griser sur les pistes de ski chaque année sans qu'on n'y trouve rien à redire. Pourtant, un bon nombre de "sensations fortes" se terminent aussi en hélicoptère vers l'hôpital...
N'en déplaise donc à ceux qui vilipendent les "Indiana Jones amateurs qui confondent la forêt guyanaise avec un terrain de jeu". Pour les chasseurs c'est un terrain de chasse, pour les forestier une réserve de bois, pour les orpailleurs une mine, pour les légionnaires un terrain d'entraînement. Chacun voit midi à sa porte, et chacun a le droit d'avoir ses propres motivations pour s'immerger dans ce milieu fascinant, et essayer d'atteindre la richesse et les émotions qu'il recherche.
Niet ! Je ne connais pas le désert. L'idée de traverser la vallée de la mort avec une réserve de trois litres de flotte ne me traverse pas l'esprit. Si j'y allais tout de même, sans réserve suffisante, ni boussole ni je ne sais quoi et qu'on me retrouve trois semaines plus tard complètement déshydraté au pied d'un cactus, je ne revendiquerai pas l'exploit !

3. Les "erreurs"
Maintenant je souhaiterais apporter quelques nuances à certains faits répertoriés comme des "erreurs impardonnables" par l'auteur de ce site.

*** La carte pas assez précise ***
L'auteur de ce site s'indigne parce qu'ils n'avaient qu'une carte au 1:200 000. C'est vrai que c'est imprécis pour naviguer à la boussole, mais la question que je pose est : en existe-t-il d'autres plus précises pour la zone en question ?
Oui.
De plus, un travail préalable dans un bureau climatisé aurait sans doute permis à partir des point GPS et des obstacles principaux d'étudier et déterminer un parcours préférentiel.

*** Les provisions trop justes ***
S'ils avaient prévu 15 jours de vivres ou même 20 pour le trajet théorique de 12 jours, qu'est-ce que ça aurait changé, sachant qu'ils se sont perdus et qu'ils ont finalement passé 54 jours en forêt ? Ils auraient conservé leur forme et leurs capacités de jugement un peu plus longtemps ? Peut-être, mais ce surpoids les aurait aussi fatigués plus vite. Alors...
Stop ! Sur les 54 jours en forêt, combien passés à glander prés de Saül, écouter les hélicoptères lancés à leur recherche, chaque jour l'avion de Saül, savourer de la mygale mal cuite ?
Je crains fortement que leurs capacités de jugement étaient faibles avant leur départ. Elles eussent été "normales" qu'ils ne seraient pas partis dans cette galère ! Se sont-elles améliorées ? Je n'en sais rien.

*** L'absence d'arme à feu ***
C'est bien beau d'avoir un fusil en forêt, mais:
1. Encore faut-il savoir s'en servir. C'est à dire ne pas se blesser avec, et être capable d'atteindre sa cible lorsqu'elle se présente (furtivement, en général).
Hey ! Si on ne sait pas se servir d'une arme, on apprend. Ca ne nécessite pas d'être un ancien de Polytechniques... Et puis, la faim, ça rend moins con. En tous cas plus débrouillard...
Ce couple de touristes avait des états d'âme. Ne pas effectuer de prélèvements sur la faune locale... La bêtise à ce stade est éminemment condamnable.
Cibles se présentant furtivement ? Ils ont rencontré plein d'animaux et reconnaissent que porteurs d'une arme, ils auraient pu assurer les apports en protéines.
2. Encore faut-il rencontrer du gibier. Mon expérience se limite juste à quelques semaines dans les forêts guyanaises, accompagné de guides locaux. Nous marchions plusieurs heures par jour à la recherche d'animaux. Eh bien je n'en ai jamais vu ! Enfin, pas de gros animaux dignes de faire un repas.
Tu aurais du faire appel à moi. Sauf si bien sûr, tu ne voulais pas faire de cholestérol...
Un autre exemple me revient souvent en tête, le célèbre récit de Raymond Maufrais : combien de jours ou de semaines a-t-il désespérément arpenté la forêt sans pouvoir donner le moindre coup de fusil ?
Mauvais exemple ! Maufrais est parti poussé par des commerçants de Cayenne qui l'avaient sponsorisé et s'inquiétaient de le voir stagner en ville. De quelles connaissances ou expériences pouvait-il se targuer ? Partir seul pour cette aventure est une pure connerie.
Notre webmaster est visiblement un chasseur aguerri, mais c'est loin d'être le cas du commun des mortels, même parmi les gens vivant en Guyane. Cela veut-il dire qu'il est "interdit" d'aller en forêt si on n'est pas un chasseur hors pair ? Quel dommage.
Pas du tout ! Il faut faire la part des choses et appliquer le principe du "connais-toi toi-même" cher à Socrate !

Enfin, en dehors de ce caractère aléatoire, la chasse est une activité hautement consommatrice en énergie, ne serait-ce que par le poids de l'arme et des munitions, et surtout si elle se solde par des échecs.
Franchement, l'option pêche et insectes est de loin la plus raisonnable en situation de survie.

Stop ! Pas d'insectes !!!! C'est quoi cette option ? Pour moi elle est réservée aux tamanoirs et aux oiseaux...
Ils étaient partis pour une balade, pas pour faire de la survie. Ensuite, la moindre des choses est de prévoir le pire. Ce qu'ils n'ont pas fait, loin s'en faut. Il ne me semble pas que prendre une méchante bobine de fil de pêche 20/100° et quelques petits hameçons N° 16 à 20 les aurait beaucoup encombrés. Mais même ce principe simple, B A Ba de tous les apprentis survivors, ils ne l'ont pas retenu.
Cet exemple est enrichissant en ce sens qu'il constitue un sujet en or : Ce sont deux guignols, aventuriers de supermarché qui ont réussi à créer un cas d'école : Ce qu'il ne faut surtout pas faire !!!!
Je persiste et signe : Quand on accumule autant d'erreurs, on ne fait pas que frôler la connerie. On y patauge en plein, même si c'est dur de le reconnaître.

A ce stade, il convient je crois de ne pas trop mettre la tolérance en avant.
Qu'ont-ils prouvé ? Qu'en mangeant des saloperies ils ont tenu presque deux mois en jungle guyanaise ? Aucun exploit là-dedans ! N'importe quel gréviste de la faim peut tenir plus longtemps avant de mourir, attaché à son radiateur...

Selon moi, tout ce qu'ils ont réussi à prouver tient en une seule ligne :
Avec la connaissance qui est la leur de la forêt amazonienne, le niveau de préparation que connut cette expédition, les choix stratégiques en termes de matériel, ils auraient mieux fait de se lancer dans la peinture à l'eau. C'est nettement plus facile que la peinture à l'huile...


San Antonio écrivait d'ailleurs : Un con, ça ose tout. C'est d'ailleurs à ça qu'on le reconnait.

Mais bon, ils l'ont fait. O.K. pour ça. Mais ça n'a qu'une valeur d'exemple. L'exploit de s'être perdu...
Tu me diras que Colomb s'est retrouvé en Amérique, persuadé d'être aux Indes. Cinq siècles plus tard, il est encore un héros. A partir de là, tout reste possible !!!

Voilà, ce n'est là que mon humble avis, et le débat reste ouvert. Mais j'espère qu'il se fera dans un esprit un peu plus objectif et tolérant.

Ai-je été assez tolérant ?


21/05/2008 - - Perdus: Un an déjà.

Ne pas oublier de préciser qu'il est mathématiquement impossible en marchant entre 2 et 4 heures par jours de rallier Grand Canori à Saül en 12 jours,ce qui était leur progression moyenne lorsque "tout allait bien".
Les 4 personnes,parties 3 jours après nos 2 pinpins,ont mis 8 jours pour arriver à Saül en progressant 8 heures par jours en ayant un rythme de marche soutenu

21/06/2008 - - Perdus: Un an déjà.

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Bonjour
Merci de ce site, de vos avis, de vos msgs etc... J'adore.
Vous etes la Guyane, vous avez son odeur, vous en exprimez sa substantifique moelle, je repete, j adore.
Enervant parfois, dans le vrai souvent, exalté, excessif mais guyanais.

Ca me rappelle Christophe de Pointe Combi ou d autres croisés de ci de la, des guyanais 100%.

Totalement OK pour le point de vue sur les 2 hurluberlus.

J ai pratiqué la foret, trop peu, mais juste assez pour savoir qu avant de partir il faut en connaitre un minimum : peche, chasse, fruits de base... L expe de Maufrais n a pas servi de lecon, certains ont retenu l aventurier terrassé par la jungle, je me souviens juste de la lente agonie pleine de melancolie d un jeune gars aveuglé par son enthousiasme et celui de la nuée de ses courtisans.

Sinon je ne connaissais les chutes Vieux Broussard que sous le nom de 2emes chutes Voltaire, j y ai été avec un pote en 98, c etait tt de meme assez bien layonné deja a l epoque (4 ans apres votre decouverte), juste un embranchement a ne pas rater.

Dommage pour le projet crique Portal, elle en vaudrait la peine. Dommage aussi que les savanes roche ne soient pas bien valorisées, je me rappelle en particulier de SR Annabelle, tellement fascinante.

Encore bravo.

Réponse : Merci beaucoup. Exalté, excessif ? Quand la connerie est excessive, quelque part, il faut équilibrer. Je suis toujours rentré de forêt vivant. sans doute suis-je moins exalté qu'il n'y parait...
Pour le nom des chutes Vieux Broussard, il ne faut pas en parler à l'ONF. Ca leur donne des boutons. Encore des exaltés mais dans un concentré de connerie de type néo-stalinienne. Voir les divers dossiers au sujet de ces gens-là sur ce site...

13/07/2008 - - Perdus: Un an déjà.

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Pardonnez-moi de signaler une citation inexacte quant à la forme et à l'auteur. La phrase originale qui est de Michel Audiard dans les dialogues des Tontons flingueurs, est au pluriel "les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît !". Pourriez-vous m'indiquer l'ouvrage dans lequel Frédéric Dard rend hommage à Audiard ?

Réponse : Il me semble avoir lu cette phrase dans "Les Con" de San Antonio.


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