-
GUYANECHO
Guyane, Amazonie française
Sans langue de bois ni complaisance
Vous êtes ici >> Accueil/Les Dossiers/Zone Prévoteau/L'histoire de Domingo.

L'histoire de Domingo.

01/06/2006 - Lu 1114 fois
Cette histoire me fut narrée par Domingo.

Il y a un an, presque jour pour jour, j'étais sur le camp "Touristique" de l'Arataï. Domingo était là, en train de faire la toiture d'un carbet... Pour un Garde Piroguier quoi de plus normal ? J'étais monté avec une classe de Cayenne pour 5 jours. Une de ces trop rares fois où des petits cayennais pouvaient voir une infime partie de leur si riche patrimoine naturel…
Le lendemain de notre arrivée 5 gendarmes sont venus nous rejoindre... Des fois que…

Domingo m’avais alors raconté l’histoire qui suit. Une histoire, qu’il savait être vraie et vieille de plusieurs décennies. Il était brésilien d’origine, amérindien plus précisément. Mais pas d’une ethnie de la grande région des Guyanes. Lui venait d’une région amazonienne. Il m’avait raconté cette histoire qui me parait maintenant un présage…

Cette histoire était celle de cette tribu qui subissait depuis quelque temps déjà les incursions répétées de garimpeiros sur son territoire. Incursions suivies de tout un cortège d’exactions en tous genres…vols, viols, pollutions & chasse de gibier.
Le chef  de cette tribu avait alors décidé de rencontrer les garimpeiros, pour leur demander d’arrêter de leur faire tout ce mal. Son meurtre pur et simple fut la réponse qu’il reçut…
Quelque temps après, le chef des garimpeiros et quelques uns de ses acolytes furent capturés par les amérindiens. Attachés à un arbre et frottés jusqu’à ce que mort s’en suive avec des racines échasses de « wara-mon-pè » ou Awara-mon-père (Socratea exorrhiza), un palmier forestier rencontré en Guyane française ainsi que dans le bassin amazonien.
Ce grand végétal atteint plus de 20 m de hauteur. Il se reconnaît facilement à ses racines échasses couleur marron clair, armées de petites épines blanchâtres. Ils (les garimpeiros), eurent la peau enlevée par les épines et le sang intoxiqué par la sève du palmier…
A la suite de cette action, les orpailleurs quittèrent le territoire de cette ethnie…
Voila pour l’histoire qui me fut contée par Domingo.

Le dernier soir, de ce séjour sur la R.N pour les enfants, nous avons effectué une petite ballade de deux heures maxi pour leur montrer les caïmans : sur presque 5 kilomètres de rivière seulement 3 bêtes de vues.... Et cela fait dix ans que cette zone est classée en Réserve... Franchement, de qui se moque-t-on ? Et cette si belle couleur de l'eau dans les tons ocres alors que j'ai connu cette rivière en 1989, bien avant qu'elle ne soit classée en R.N… Ses eaux étaient de la pure teinte du Coca-Cola... Autrement dit chargées en acide tannique et non saturées des matières minérales issues de l’exploitation irraisonnée et illégale de l’or.

Une marche..... Ce sont les armes qu'il faut prendre.
Arrêter de se voiler la
face et penser que la forêt reste vierge...
Sortir des bureaux et aller sur terrain pour voir vraiment comment sont les choses.
Franchement tout cela aurait pu être évité....


Aurez-vous le courage et la détermination, comme les amérindiens de l’histoire de Domingo, aujourd’hui mort ?
Vous les décideurs, aurez-vous la détermination de répondre à hauteur des atrocités que font subir les « orpilleurs » et les tueurs aux hommes, à la Nature, à la Guyane ?
Et comme elle est sa fille, comme il a été dit, à sa mère : la France.
Aurez-vous ce courage ?

 

Jean-Marie PREVOTEAU


24/06/2007 - - L'histoire de Domingo. Les histoires et l'"Histoire" se répète. Celà me fait penser à une histoire qui s'est passée il y a 70 ans, à 8000 km de là, dans la vieille Europe. Il y avait un Monsieur très méchant qui voulait prendre le territoires des pays voisins. Alors qu'on lui avait interdit d'avoir une grande armée, il a commencé par en créer une et à fabfiquer des chars, des avions, des sous-marins, etc. Les démocraties occidentalers n'ont rien dit. Alors, il a remilitarisé un territoire de son pays qui devait rester sans armée. Et on a laissé faire. Puis, il a annexé le pays voisin au pretexte qu'on y parlait la même langue que dans le sien. Et on a laissé faire. Et puis un autre pays. Les démocraties européennes sont venu lui dire que ce n'était pas gentil ce qu'il faisait et ils on signé un traité. Mais un traité, pour un monsieur méchant, ça n'a pas de valeur. Alors, après avoir remilitarisé la Rhur, annexé l'Autriche et envahi la Tchécoslovaquie, il a envahi la Pologne et ce fut la seconde guerre mondiale. Et il a fallu des millions de mort avant d'anéantir ce méchant Monsieur qui était, vous l'avez reconnu, HITLER.
Quelle leçon en tirer ? Que face à un agression, il ne faut pas se voiler la face et attendre que cela se calme car l'agresseur prendra de plus en plus d'assurance et sera de plus en plus agressif. La réaction doit être rapide, proportionnelle,mesurée, mais surtout ferme sous peine de perdre toute crédibilité. La difficulté c'est que vivant dans un pays dont les lois démocratiques sont faites pour des gens civilisés, nous avons perdu toute réactivité face aux agressions en tout genre dont nous sommes victimes en Guyane. Nous vivons un état de guerre civile larvée avec une infiltration de tout le pays par des étrangers en situation irrégulière qui pillent notre pays. Et en cas de guerre, il faut faire intervenir l'armée de façon rationnelle et non au coup par coup. La Guyane devrait s'organiser comme la Suisse,qui a su passer au travers des derniers conflits mondiaux, avec une véritable armée populaire, un garde nationale qui aurait pour rôle de faire respecter ses frontières et de faire cesser le pillage de ses richesses et la destruction de son patrimoine naturel.

1 commentaire - Voir | Rédiger