Chers cousins…
Ainsi, nous serions cousins, parce que francophones.
C’est en effet, un des arguments que vous utilisez pour légitimer de votre implantation chez nous, entre Atlantique et Tumuc-Humac, Oyapock & Maroni.
Le vieil adage qui dit que l’on choisit ses amis mais rarement sa famille semble une fois de plus s’observer quand on comprend ce que vous voulez faire dans le pays, ancienne colonie, jeune département….
Vous désirez chers cousins, vous livrer à une razzia officielle, en bonne & due forme d’une de ses richesses. Razzia, le mot est bien choisi. Vous allez nous prendre à nous et nos enfants près de 30 tonnes d’un minéral qui fait tourner la tête des hommes et décuple leur avidité, leur cupidité. Pour sept ans d'exploitation seulement.
Le plus navrant, c’est que si vous êtes ici, c’est grâce à nos impôts. Parce que la carte minière faite par le BRGM a été tout bonnement rendue publique. Si l’Etat français laisse depuis presque vingt ans sa richesse nationale se faire piller par des clandestins lusophones venus d’outre-oyapock pourquoi ne participeriez-vous pas également, mais de manière officielle - vous êtes de la famille-, à cette forme de prostitution qu’une mère maquerelle pratiquerait sur sa progéniture ? Vous m'excuserez chers cousins, mais je ne suis pas de ceux qui prostituent leur pays.
Votre projet vous donnera un chiffre d’affaires de 32 900 000 Euros/an, et après quelques ristournes de détaxes financières & purement administratives vous ne voudriez payer que la taxe départementale sur la production (0,5%), soit 164 500 Euros-an qui reviendraient à la Guyane.
Le Surinam Etat voisin, a pu négocier 5% - sur un de vos projets soit 10 fois plus que pour nous. En Nouvelle-Calédonie les Kanaks ont 51% sur un projet de mine de Nickel exploitée par d’autres cousins, de la même filiation que la vôtre. Ce qui ne les empêche pas de le protester contre ses impacts négatifs sur la nature. L'argent n'arrange pas tout…
Pour rester poli et utiliser un langage imagé quant à ce que vous pensez nous faire, on appelle cela dans certains milieux & certaines circonstances, une sodomie. Sans aucun lubrifiant et avec matière abrasive. Autrement dit un acte contre-nature. Vous m'excuserez chers cousins, mais je ne suis pas de ceux qui pratiquent cela.
Chers cousins, quand je consulte le site Internet
http://www.saxakali.com-omai/ qui traite de la catastrophe industrielle d’Omaï, au Guyana, une de vos possessions, que je voie les photos de ces gens – dont des enfants- portant sur leur peau les séquelles du déversement dans le fleuve du Cyanure de votre usine…
Quand j’apprends qu’un accident, sans qu'il n'y ait eu de blessés, c’est produit en 2005 au Surinam voisin – encore une de vos usines -…
Je tremble en pensant qu'incidemment la même chose puisse se reproduire chez moi. Sachant que votre projet d’usine au Cyanure se trouvera en amont de la principale station d’alimentation en eau potable d’une population d’au moins 100 000 habitants…
La loi des séries…
Jamais deux sans trois…
Cela ne vous rappelle rien ?
Chers cousins, quand je lis l'inéquitable convention, que vous avez rédigée, pour que votre piste privée puisse passer sur la zone de droit d’usage d’une communauté amérindienne, je me pose la bête question suivante : Est-il si loin de nous le temps où le visage pâle grâce à l’eau de feu, quelques pacotilles et autres verroteries obtenait d’une croix sur un parchemin toutes les terres d’une ethnie ?
Dans le contexte actuel, c’est en faisant miroiter quelques emplois pour des résidents qu’un tel document a pu être établi.
Le Capitaine du village n’est certes pas un imbécile, il ne souhaite que le bien pour sa communauté, lui qui n’a pas votre sournoiserie machiavélique.
Le gibier et les poissons dont ils se nourrissent vont-ils rester quand plusieurs dizaines de camions passeront… ?
Quelle honte ! Vous regardez vous le matin dans un miroir ? Dîtes-vous cela à vos enfants que non contents de détruire la nature, vous trompez de simples gens…?
Pour ce qui est des emplois que vous dites créer pour vous développer, sachez seulement que si l'Etat & les collectivités se lavaient un peu mieux les yeux à l'eau de nos criques, ils verraient qu'il y en a dix fois plus à générer dans les secteurs d'activités que sont la gestion de l'environnement, le tourisme, les biotechnologies, les transports en commun et la réhabilitation du patrimoine bâtit. Pour ne citer que cela. Sans parler de l'exploitation minière raisonnée qui profite aux citoyens et à mon pays.
Cher cousin, nous nous étions rencontrés à l’une de vos réunions d’explication de votre projet. C’était en 2005, à Roura. Nous nous étions même serré la main en se disant au revoir. Je vous avais dit alors que vous étiez chez moi. Vous m’aviez répondu que si je venais chez vous, vous me diriez ‘’ Bienvenue chez vous…’’ Puis vous vous êtes éclipsé sans me laisser vous répondre. Permettez-moi de vous écrire, cousin, que le jour (improbable) où je viendrai chez vous, je ne ferai pas ce que vous voulez faire & faites déjà chez moi. Je ne pillerai pas votre richesse minière. Je ne saccagerai pas votre nature. Je ne spolierai ni ne duperai vos populations autochtones de leurs droits à disposer de leur terre.
Une dernière chose, cousin, cessez de dire que vous aimez mon pays. Ce n'est pas vrai. Ce n'est qu'un minéral qui vous intéresse ici. S'il n'y en avait pas vous ne seriez pas là.
Un guyanais, français, amoureux de son naturel, de sa forêt que certains prétendent encore vierge...
Jean-Marie Prévoteau.
Commentaires :
| 08/02/2007 - - LA SOCIETE CAMBIOR S'INSTALLE EN GUYANE ? |

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| Quelques Canadiens parlent Français et nous en devenons cousins. J'en doute, en revanche, le singe l'est sans nul doute cette fois. La société Cambior n'est pas le plus responsable. Un état qui laisse faire l'est beaucoup plus. La fermeté s'efface devant quelques très menu interêts sur une terre qui n'en a que trop peu pour beaucoup. |