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GUYANECHO
Guyane, Amazonie française
Sans langue de bois ni complaisance
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Les reptiles.

02/09/2006 - Lu 2738 fois
Le danger lié aux reptiles.
En cours de rédaction.

LES SERPENTS


Que n'a-t-on pas raconté sur la Guyane? Insectes, serpents venimeux, maladies atroces, serpents gigantesques, climat insupportable, pluies diluviennes.

Des serpents, il y en a. Beaucoup. Une douzaine d'espèces seulement sont venimeuses. Nous rappellerons ci-dessous les risques réels et les processus d'envenimations rencontrés (Selon Chippeaux dont nous exposons ici de larges extraits).

Ce sympathique boa constrictor (à gauche) n'est nullement dangereux.



Il n'en va pas de même pour ce Lachesis Muta (Bushmaster) à droite, qu'il vaudra mieux ne pas chahuter...


 

 

 

 

 

 

Envenimations suite à morsures de serpents en Guyane française


La faible densité de la population humaine et sa répartition inégale sur le territoire guyanais (85 % habitent en milieu urbanisé) expliquent la faible incidence des morsures. L’ensemble du département connaît un nombre de morsures annuel inférieur à 100 (Chippeaux et col., 1983). Ces auteurs comparent le nombre total de morsures et la morbidité (Pourcentage de morsures ayant provoqué une envenimation dans les différents milieux guyanais. En secteur rural et forestier, ils constatent une fréquence similaire à celle observée dans d’autres pays tropicaux. La gravité des morsures est évaluée par la symptomatologie des envenimations. La plupart ne présentent aucun symptômes (48 %) ou sont bénignes (27 %). Elles peuvent présenter un caractère alarmant dans 3 circonstances.

COMPLICATIONS DES MORSURES DE SERPENTS EN GUYANE FRANCAISE (Selon Chippeaux dont nous exposons ici de larges extraits)


Milieu écologique
Population
Incidence aux 100 000 habitants
Urbain
61 400
45
Rural côtier
4 700
110
Rural forestier
4 500
170
Forêt primaire
2 200 
590

Symptomatologie des envenimations selon les espèces les plus fréquentes en Guyane.





Bothrops Atrox














   
SYNDROMES
Neurotoxique
Inflammatoire
Nécrotique
Hémorragique
ESPÈCES
 
 
 
 
Opistoglyphes
 
 
 
 
Oxybelis fulgidus
0
++
?
?
Clelia clelia
0
++
+
+
Phylodrias sp.
0
++
+
+
Protéroglyphes
 
 
 
 
Micrurus sp.
+++
0
0
0
Solénoglyphes
 
 
 
 
Bothrops atrox
0
+++
++
+++
Bothrops brazili
0
+++
+++
++
B. bilineatus
0
+++
++
+++
Lachesis muta
0
+++
+++
++
Crotalus durissus
+++
++
+
++
 

* Les syndromes neurologiques entraînent à brève échéance (2 à 12 heures après la morsure), et en l’absence de traitement approprié, une paralysie des muscles respiratoires. Avec le venin de crotalus durissus, il y a une destruction des fibres musculaires striées. Ces troubles peuvent être mortels, en dehors de soins hospitaliers spécialisés intensifs.

* Les syndromes hématologiques sont complexes. Ils apparaissent entre 3 et 18 heures après la morsure sous forme d’hémorragies diffuses incoercibles (Bothrops et Lachésis muta) ou d’une hémolyse intense (Crotalus durissus). Le diagnostic est toujours délicat et requiert des analyses sophistiquées. Le traitement, visant à restaurer les fonctions hématologiques, exige la mise en œuvre d’une unité de soins spécialisés.

* La nécrose, c’est à dire la destruction tissulaire au niveau de la région mordue, est le fait de la plupart des vipéridés. Ce syndrome, pouvant être mortel en raison de l’importance des tissus détruits, est progressif et survient 2 à 5 jours après l’accident.

Les différents troubles cliniques et leurs traitements ont été décrits par Hulin et col. (1982). Ces auteurs montrent l’importance des lésions locales et la gravité des syndromes hémorragiques rencontrés. L’unique cas fatal cité succède à une envenimation neurotoxique consécutive à une morsure de Crotalus durissus. 2 autres décès ont eu lieu au cours des 10 dernières années: Un est survenu à la suite d’un syndrome hémorragique chez une victime résidant sur le haut Oyapock. Il est vraisemblablement du à une morsure de Bothrops. Le second, en 1984, est imputable à une envenimation neurotoxique dont l’agresseur n’a pu être identifié. Il doit probablement s’agir d’un Micrurus. Un grave cas de morsures multiples par Bothrops atrox sur un Amérindien dans la région de Léssé dédé m’a été signalé en 1989. La victime saignait de la bouche et descendait seule dans son canot, à la pagaie, se faire soigner à Grand Santi! Elle a été traitée à l’aide d’une pierre noire par un orpailleur et conduite au dispensaire. (Angelo MOSCONI cité ici par DEPLANQUE).

Les évolutions létales semblent se raréfier, du fait, essentiellement d’une meilleure prise en charge des victimes par les services sanitaires (Évacuation par hélicoptère) et de la création d’un centre de réanimation à Cayenne. 




 Alors, on est rassuré ?


Si vous voulez en savoir plus ou beaucoup plus sur les serpents de Guyane, je ne peux que vous conseiller l'excellent ouvrage de STARACE Fausto: "Guide des serpents et amphibiens de Guyane" Editions IBIS ROUGE. Un livre récent, écrit par un passionné, exhaustif et contenant de nombreuses photos couleurs. Incontournable!


Commentaires :


20/07/2007 - - Morsure de serpent.
Les serpents sont des animaux protégés. Ils ne sont évidemment pas protégés de la connerie des hommes.
Réponse : Et les hommes des serpents venimeux, la connerie semblant très bien répartie sur cette planète... Très facile la morale au rabais...
Quelle réaction si votre enfant se fait mordre ? Quel verdict adopter suite à une morsure de venimeux ? Recherche de circonstances atténuantes ? Auto-flagellation ? Compréhension ? On en redemande ? Oeil pour oeil, crochet pour crochet ? Moi, quitte à être con, je tue (Tout venimeux rencontré). Il est vrai aussi que ma connerie, je la revendique.