Informations générales sur le milieu naturel guyanais.
Présentation générale du milieu Guyanais.
Située sur la façade Atlantique sud-américaine entre 2° et 6° de latitude Nord; 54 et 56° de longitude Ouest, la Guyane a une surface de 85000 Km² environ. C'est la seule possession européenne du continent sud américain. Sa surface correspond au sixième de celle de l'hexagone et représente l'équivalent des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées réunies. Elle se situe au nord-est de l'Amérique du Sud, entre le Surinam (à l'ouest) et le Brésil au sud, à plus de 7700 km de la Métropole. Son nom, d'origine indienne, peut se traduire par "sans nom" (celle que l'on n'ose pas nommer), au sens religieux du terme. Ce département Français depuis 1946 est couvert à 90% par une forêt tropicale humide de type Amazonien (1% de la surface totale de l'Amazonie). Il est sillonné par de nombreux fleuves et criques au régime torrentiel. Ses frontières sont à l'ouest le fleuve Maroni (Frontière Franco-Surinamaise) et à l'est l'Oyapock (Frontière Franco-Brésilienne).
Richesse faunistique et floristique
Il s'agit sans nul doute d'un des milieux les plus riches de la planète en termes de diversité de la flore et de la faune. La densité de la faune est cependant variable, très irrégulièrement répartie et d'une manière générale, inférieure à bien d'autres contrées. La forêt guyanaise est riche d'espèces endémiques propres. Les derniers recensements laissent apparaître : Plus de six mille espèces vasculaires dont plus de six-cents essences d'arbres se disputent farouchement ciel et terre. Certains auteurs indiquent une quantité double mais ces subtilités sont basées sur de légères différences concernant la plupart du temps les organes reproducteurs des essences considérées ou certaines tonalités chromatiques du bois. C'est ainsi que l'on peut distinguer plusieurs variétés d'angélique (Blanc, rouge, noir), bois violet, etc. On trouvera plus de soixante espèces de palmiers dont tous donnent des fruits COMESTIBLES. Il y a en moyenne une centaine d'arbres à l'hectare pour un volume variant de trois-cents à six-cents M3. On recense selon les estimations les plus récentes en Guyane française plus de cinq-cents mille espèces d'insectes, environ sept-cent cinquante d'oiseaux et un peu moins de deux-cents mammifères dont une centaine de chauves-souris et vampires. Sans oublier environ cent-vingt espèces d'amphibiens, autant pour les reptiles et amphisbènes et au minimum six-cents espèces de poissons! Chaque année, de nouvelles espèces sont découvertes. Et il ne s'agit pas toujours de fantasmes de chercheur rêvant de donner son nom à une créature jusqu'alors "inconnue" !
Climat
Données générales :
De par sa situation privilégiée prés de l'équateur, la Guyane est soumise à un climat sub-équatorial humide. Sa façade maritime lui assure une bonne stabilité climatique, notamment en termes de températures et de vents. Selon Météo France, La pluviométrie reste le seul paramètre sujet à de grandes variations. C'est donc ce critère qui déterminera le rythme des saisons dans la région. Ce, en relation étroite avec les mouvements de la Zone Intertropicale de Convergence (ZIC) constituant l'équateur météorologique. La ZIC n'a pas une position géographique fixe et se déplace du Nord au Sud et du Sud au Nord en fonction de la position apparente du soleil avec un décalage variant de un à trois mois. Ces mouvements détermineront les saisons en Guyane. Il y pleut pratiquement toute l'année. De façon schématique, l'année type se partage entre deux saisons humides non obligatoires et deux saisons sèches non assurées :
Petite saison des pluies :
De décembre à février. La ZIC descend vers le Sud et passe sur la Guyane. En petite saison des pluies, la ZIC touche la Guyane vers mi-décembre, après quelques velléités de pluies durant le mois précédent. Apportées par des bribes de ZIC effleurant la zone littorale, les pluies seront généralement brèves et localisées. Lorsque le corps principal de la ZIC sera présent sur le département, le ciel restera couvert en permanence avec persistance de la sensation de mauvais temps. Les pluies seront alors plus abondantes et plus soutenues. C'est la saison où les températures sont les plus basses, avec une amplitude thermique très faible à cause de la faible insolation.
Petite saison sèche :
De février à mars. Correspond au positionnement le plus au Sud de la ZIC qui passe parfois dans l'hémisphère sud. Cette saison parfois peu marquée est appelée "petit été de mars". Il s'agit plus d'une courte pause dans les précipitations que d'une vraie saison au sens strict du terme. La ZIC se cantonne sur l'équateur. La Guyane est alors sous l'influence des alizés de Nord-Est en provenance d'un anticyclone des Açores très marqué, ou encore repoussé vers le Sud par des dépressions hivernales traversant l'atlantique Nord. Le ciel sera ensoleillé. Quelques petites ondées pourront avoir lieu le matin de bonne heure sur le littoral et aux heures vespérales à l'intérieur des terres.
Grande saison des pluies :
De mars - avril à juillet. C'est lorsque la ZIC repasse sur le département et se déplace vers le Nord après la petite saison sèche. Ce mouvement est relativement capricieux, imprévisible. En fait, ces fluctuations sont soumises aux caractéristiques des divers anticyclones de l'Atlantique. Les pluies sont fréquentes et de fortes intensité. La Guyane est soumise au jeu des éclaircies et des averses. Peu d'amplitude thermique à cette saison. Il est cependant rare que la pluie dure toute la journée.
Grande saison sèche :
De août à novembre. La ZIC perd de son influence et se situe alors au nord du dixième parallèle Nord. Les pluies diminuent d'intensité. C'est la saison des orages de l'après-midi. C'est à cette époque de l'année que nous connaissons les plus grandes amplitudes thermiques. D'une façon générale, le passage d'une saison à l'autre n'est pas brutal. Les brouillards tenaces sont rares. La plupart du temps, la brume se cantonne dans les bas-fonds et le long des fleuves. Les caractéristiques climatiques ci-dessus exposées sont très variables. Un mois de mars peut très bien faire l'impasse totale sur la petite saison sèche ou celle-ci peut s'éterniser avec pour conséquence des niveaux d'eau très bas sur les fleuves. Dans le même ordre d'idée, la séparation entre chaque saison par rapport à la précédente n'est pas obligatoirement nette et n'apparaît pas systématiquement à une date fixe. Les influences de l'océan Pacifique se font également sentir en Guyane. Il a été constaté que le phénomène El Niño entraîne sur le département un surplus de chaleur et de sécheresse. Quant à La Niña, elle cause une aggravation des précipitations suivies d'une baisse des températures moyennes.
Températures :
La moyenne annuelle est de 26°. En pleine forêt, on constatera peu d'amplitude thermique. Le maximum relevé est de 36° en début d'après-midi de saison sèche. On fera face à des minis de 20° pouvant descendre à 16 à 18° dans les talwegs en terrain découvert où ces écarts seront légèrement plus accentués. Au sommet de la montagne d'Atachi Bakka prés de Maripasoula (Environ 800 mètres au-dessus du niveau de la mer) la température nocturne est nettement plus basse. Ce phénomène est aggravé par la permanence d'une très forte humidité atmosphérique (Forêt dite "de nuages"). A noter que le manteau forestier régule fortement les températures en atténuant les amplitudes. La température variera en moyenne de 0,7° par cent mètres d'altitude.
Humidité :
En terme d'humidité, l'atmosphère forestière est quasiment saturée en permanence (80 à 100% selon la saison). Le taux d'humidité variera fortement au cours de la journée. Si même au plus fort de la saison sèche il sera toujours de 100% au lever du jour, ce taux chutera rapidement et pourra descendre à 50% aux heures les plus chaudes.
Pluviométrie :
Elle est très irrégulière. La région la plus sèche est celle d'Awala-Yalimapo avec 600 mm de précipitations annuelles. Saint-Laurent affiche une hauteur moyenne de 2,2 mètres contre plus de 3,5 pour Cayenne ou Regina. Le record semble détenu par la montagne d'Atachi Bakka au-delà de Maripasoula avec une hauteur annuelle de pluie estimée à douze mètres vers le sommet couvert par une forêt moussue et dite "de nuages"… Il pleut d'avantage à l'intérieur que sur le littoral. La pluviométrie est également plus forte sur les reliefs. Avec environ 800 mm la région de la plage des Hattes, Awala Yalimapo est la plus sèche. Le mois de mai est partout le plus pluvieux. Les averses sont généralement brèves et fortes et ont lieu à l'heure vespérale ou la nuit. Fin juin, début juillet, les pluies se font peu à peu plus rares. Les orages deviennent à la fois plus fréquents et plus espacés dans le temps. D'une façon générale, la saison des pluies commence sur le littoral, puis gagne progressivement l'intérieur du pays. Rares sont les journées de pluie ininterrompue. On constate la présence de brumes matinales à l'intérieur, présentes jusqu'à neuf heures environ et dont les derniers lambeaux s'attardent dans les parties basses.
Insolation :
La durée de l'ensoleillement est importante avec pour la Guyane une durée moyenne annuelle de deux mille deux cents heures. La durée du jour est peu variable au cours de l'année. L'insolation est légèrement plus forte sur la bande littorale qu'à l'intérieur des terres.
Régime des vents :
La Guyane est soumise à l'influence des alizés. Ceux-ci peuvent être de Nord-est en saison des pluies ou Sud-est en saison sèche. Les vents et brises côtières sont d'intensités généralement très faibles à modérés. Les seules rafales constatées sont des thermiques accompagnant les averses. Il n'a pas été relevé de vitesse supérieure à 80 km/heure. Il n'y a pas de cyclones en Guyane. En pratique les mois les plus venteux sont décembre à avril.
Conclusion :
Le climat de la Guyane est agréable même si il est pluvieux. L'intensité de l'ensoleillement est très forte avec des énergies atteignant les sept Kwh/M² et par jour! A notre époque où science et médecine ont fait des progrès sensibles, son influence sur l'homme est loin d'être aussi néfaste qu'on a bien voulu le dire. Par contre, les matériels souffrent beaucoup du couple chaleur + humidité. Pour une utilisation et une sécurité optimale, il conviendra de porter son choix sur des matériels robustes et adaptés, faute de quoi, dans la plupart des cas, une attention plus marquée et un entretien accru seront nécessaires.
Relief et géologie
La notion généralement répandue de Guyane "plat pays" est totalement erronée. Le département a un point culminant de 800 M. Quelques petits massifs montagneux ponctuent un relief dit "en peau d'orange". En effet, celui-ci est le plus souvent une succession de petites collines séparées par des marécages. En simplifiant, on pourra considérer qu'il s'accentue au fur et à mesure que l'on s'éloigne du littoral. Qu'il s'agisse de plateaux intérieurs ou de la partie côtière, les parties plates ne représentent qu'une faible partie du territoire. Bien qu'assez peu marqué, le relief n'en aura pas moins des conséquences importantes : Pluviométrie, nature du sol, exposition, répartition des essences et de la faune, érosion, etc. Pour l'usager de la forêt, il influera fortement sur le choix des itinéraires, celui des lieux de bivouac, les distances journalières parcourues et également en très grande partie sur les zones préférentielles de chasse. L'érosion est particulièrement marquée et ses effets rapides. L'état des pistes et pénétrantes forestières peut se détériorer très vite et, s'il veut absolument passer, l'usager pourra être amené à effectuer lui-même des réparations ou aménagement sommaires de pont ou de zones boueuses. Se munir donc d'un minimum de matériels… En période de très fortes pluies, il n'est pas rare que des pistes soient coupées. Attention dans les parties basses! La chaussée peut ne présenter aucun indice d'érosion apparent mais la piste néanmoins être sapée par en-dessous... Cet élément devra être pris en compte lors de voyages à l'intérieur des terres. Il suffit que de l'eau s'infiltre le long d'un passage busé ou qu'un conduit bouge légèrement pour que l'érosion commence son travail de sape. Ceux-ci sont construits avec des troncs d'arbres et leur durée de vie est prévue pour le temps de l'exploitation forestière de la zone concernée.
Un pont détruit sera rarement reconstruit.
Tout au plus sera-t-il l'objet de quelques réparations de fortune réalisées ponctuellement et avec les moyens du bord. L'apparente solidité s'avérera alors bien trompeuse. L'habitué repérera dans un premier temps un petit trou au niveau d'un pont. Celui-ci indique la présence d'un vide créé par l'érosion et qui ira en s'agrandissant, les dégâts de l'érosion étant de plus en plus importants. Peu à peu, la terre présente sur le pont partira et ne subsistera qu'au-dessus des troncs constituant l'armature du pont. Ces cas sont finalement le lots de nombre de ponts en forêt. Des ponts peuvent être enlevés ou pire, fragilisés. En outre, c'est pendant ces périodes de fortes pluies que les chutes d'arbres sont les plus nombreuses. Il est fortement recommandé de se munir d'une tronçonneuse ou au moins d'une hache et d'une forte corde. La machette et une petite pelle restent indispensables dans tous les cas de figure. Un treuil peut se révéler utile dans les situations les plus extrêmes et loin à l'intérieur des terres. Les ponts coupés ou fragilisés ne sont pas les seuls risques. Dans les parties basses ainsi que sur les bas côtés des pistes, les éléments fins emmenés par les eaux de ruissellement s'accumulent sur plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur et créent des zones de sol meuble où il est aisé de s'enliser. Un véhicule tout terrain passera sans problème mais il n'en sera pas toujours ainsi pour une voiture de tourisme. Le passage "en force", en seconde et à fort régime moteur autorise le franchissement de ces passages difficiles sous réserve qu'ils ne soient pas trop longs et la couche meuble trop profonde. Mais attention, il est conseillé de sonder la zone délicate avant toute tentative!
Schématiquement, la Guyane est constituée par une bande côtière d'une quinzaine de kilomètres de large en moyenne dénommée "Terres basses", sur des sols alluviaux datant du quaternaire marin. Cette bande côtière s'appuie sur les Terres qualifiées de hautes du socle cristallin et métamorphique recouvrant le reste du département. Leur relief est fait de nombreuses collines dépassant rarement trois-cents mètres d'altitude mais pouvant culminer à huit-cents mètres dans la chaîne de collines Inini / Camopi. Ces reliefs sont séparés les uns des autres par des criques ou zones marécageuses. La topographie diffère avec la nature de la roche mère. Celle-ci sera modelée soit en amande (schistes) soit en demi-orange (granites, roches basiques, dolérites...). Ces considérations auront de toute évidence des implications au plan de choix d'itinéraires et stratégies de déplacement. Les sols seront la plupart du temps ferralitiques à forte acidité et très faible fertilité à cause du lessivage intense par les pluies.
Voici donc, rapidement exposées, quelques données basiques relatives au milieu guyanais. C'est au sein de celui-ci, façonné par ces conditions climatiques et topographiques qu'évoluera l'usager de la jungle.
C'est en fonction de l'expérience acquise sur le terrain et de ces mêmes critéres que sont établis les renseignements visibles sur ce site qui se veut avant tout PRATIQUE et au service du visiteur de cette jungle.
Et comme vous dirait un certain Crocodile Dundee : "Bon bout de brousse !"