Il s'agit là d'un des plus vieux outils utilisés par l'homme et couvrant toute une gamme d'applications.
Que demande l'utilisateur à son couteau ? Un tranchant efficace, un affûtage aisé et conservant son fil longtemps.
Un couteau reflète souvent la personnalité de son propriétaire. Donc, les notions de fonctionnalité et d'esthétique entreront largement en ligne de compte. Depuis quelques années nous assistons à un fort développement de la culture du couteau. Aidé en cela par une large médiatisation et des films à succès, cet outil devient parfois un objet culte. Un véritable engouement autour de cet instrument débouche sur des revues et salons spécialisés. Dans le même temps de nouveaux matériaux sont utilisés pour la réalisation de modèles inédits. On lui demande de plus en plus de services et le couteau se découvre une foule de nouvelles utilisations. Il se spécialise. Sa gamme s'élargit. L'objet de tous les jours conserve néanmoins son aspect purement utilitaire mais devient aussi parfois l'objet d'un véritable culte.
Une petite partie de ma collection personnelle.
Les Laguiole acier TC27 côtoient les finlandais et autres Victorinox ou Gerber.
Je les ai souvent conseillés à mes clients. Aprés les couteaux à dépecer en jungle gyanaise, je suis passé aux lames Damas pour le plaisir et aux couteaux à champignons pour les joies de la cueillette et de la bonne table boréale...
On ne le répétera jamais assez : Plus que jamais, la multiplicité des applications et des besoins fait qu'il n'existe pas de modèle universel.
Test : Prenez un papier et crayon. Dessinez le couteau qu'il vous plairaît de posséder, celui qui conviendra le mieux à vos besoins personnels. Vous pariez combien que vous dessinerez un modéle déjà existant ?
Spécificités liées au milieu forestier guyanais ? En terme d’utilisation, elles sont quasi inexistantes. Un poisson ou cervidé se vident de la même façon, font appel aux mêmes exigences à Saint-Laurent du Maroni qu’à Toulouse ou ailleurs. Seules quelques considérations liées à l'humidité du climat de Guyane pourront intervenir quant au bois des manches, à la nature de l'acier.
Quelles utilisations du couteau en jungle ?
Elle seront le plus souvent axées sur le dépeçage d'un gibier, d'un poisson, la taille d'un morceau de bois. Il sera également utile de pouvoir retirer une épine, voire serrer ou desserrer quelques vis ou écrous, ouvrir une boite de conserve, décapsuler une canette. On le voit : En forêt guyanaise comme ailleurs, on sera confronté à une foule de situations et le choix du matériel coutellerie devra être fait sur la base des besoins liés aux activités pratiquées. A défaut de modèle universel, le compromis sera recherché en fonction des besoins à satisfaire. Bien souvent, il faudra faire appel à plusieurs lames…
Comme nous le savons, le contexte local est humide, ce qui porterait à opter pour des lames en acier inox. Hélas, ceux-ci sont de généralement mauvaise qualité. Ils sont de toute façon difficiles à affûter et ne tiennent pas le fil. Ils pourront à peine convenir pour un dépannage ponctuel.
Les aciers.
Toute une gamme existe et chaque utilisation se verra conseillé un type d'acier particulier. Là encore, il y a des ingénieurs qui pendant des années ont bossé sur la question et trouvé les réponses adéquates. De plus, la concurrence acharnée que se livrent les fabricants va dans le sens de l'intérêt du client. Pas la peine donc de tenter une refonte de la planète acier avec des pseudo alliages prétendument révolutionnaires grâce auxquels vous pourrez réaliser la rapière du millénaire... Pour une utilisation en forêt guyanaise nous resterons dans le cadre étroit imposé par la nécessité de répondre à ces trois incontournables critères que sont la robustesse, la fiabilité et l’efficacité. Nous ne perdrons pas de vue que le couteau idéal n’existe pas. Trois choix principaux s’offriront à nous : Lames fixes, pliantes et multiples.
Les couteaux à lames fixes :
Toute une gamme est disponible et nous passerons sous silence les poignards de type couteaux de Rambo et autres lames du même genre, totalement inutiles et inadaptées à toute situation autre que cinématographique. Chaque constructeur vante les mérites de leur gamme et ce, très souvent avec raison. Parmi les plus connus je citerai Buck, Normark, Al Mar, Winchester, Gerber, Spyderco, Herbertz, Victorinox, etc. Personnellement, j’avais opté en Guyane pour des couteaux lapons à lame fixe de marque Martiini, y compris pour des couteaux à lever les filets. Les lames de la marque ont un excellent tranchant, tiennent très bien l’affûtage, rouillent très difficilement et conviennent parfaitement pour travailler du gibier. Paradoxalement, ce fut le plus petit de la gamme qui me rendit le plus de services ! Il se loge aisément dans une poche de veste et je le conserve toujours. C’est mon couteau favori. Il en a beaucoup sur la conscience... Le dépeçage sera plus facilement réalisé à l’aide d’un skinner. Un des meilleurs est de marque Camillus. Ces lames courbes ne sont d’ailleurs bonnes qu’à cet usage mais s’y révèlent de loin très supérieures aux autres. Pour travailler prés des os d’un gibier, un couteau à lame épaisse sera préféré. Je rappellerai ici qu’un couteau n’est pas fait pour couper des os. Pour un travail propre, il sera utilisé une scie spéciale à cette fin. Ci-contre, un de mes finlandais à lame fixe et son étui cuir prés d'un crâne de biche Mazama.
Les couteaux à lame pliante :
Ci-contre, deux de mes Laguiole 13, manche genévrier, acier TC27. On l'appelera canif ou couteau de poche. Ce sera le compagnon de chaque instant, celui que l'on portera dans la poche. On s'en servira aussi bien à table qu'à bord d'un canoë. L’éternel Opinel sera le meilleur rapport qualité prix. La gamme est large et de nouveaux modèles ont fait leur apparition sur le marché. Il faudra cependant tenir compte du fait que le caractère humide du climat guyanais fera gonfler le bois du manche, ce qui pourra rendre l’ouverture difficile… Pour ma part, amateur de valeurs sûres sachant parfois rester dans le classique, j’aurai toujours préféré un Laguiole 13 avec manche genévrier et lame en acier TC27. Bonne lame tenant bien en poche, excellent acier tenant très bien l’affûtage ! Lors de la fermeture du couteau et pour ne pas nuire à l’affûtage, il faut toujours veiller à éviter de claquer la lame contre la sole. D'ailleurs, une fois repliée, la lame des couteaux pliants de bonne facture n'est pas en contact avec la sole ressort.
Les couteaux à lames multiples :
Vécu et constaté à maintes reprises : Beaucoup vous diront que ce sont des gadgets inutiles mais tous vous demanderont régulièrement le vôtre s’ils savent que vous en êtes l’heureux propriétaire. En guise de couteau supplémentaire, ce sera certainement le plus utile de tous et de loin ! Il se porte généralement à la ceinture où il est facilement accessible et rapidement disponible compte tenu du caractère assigné de sa place. Pratiquement toutes les marques s’y sont mises ! Gerber, Buck, Victorinox, etc… Si les modèles bas de gamme peuvent être considérés comme de simples gadgets, il n’en va pas de même pour les plus sophistiqués, véritables petites boites à outils rendant de vrais services et pouvant aider à se sortir d’un mauvais pas. La qualité de leur acier a suivi et pour peu que l’on y mette le prix… Il ne rajoutera que peu de poids et d’encombrement à votre équipement et vous rendra de nombreux services. C’est évident : Le couteau à lames multiples a su devenir indispensable ! Beaucoup de modèles possèdent pinces, poinçon, loupe, montre, ciseaux, limes, tournevis, pincettes, etc… Toutes petites choses dont on a souvent besoin en forêt et dont l’absence pourra déboucher sur de graves problèmes. Se retirer une épine… Desserrer une bougie de moteur ou maintenir un objet grâce aux pinces… Couper, limer.. Sans oublier l’incontournable tire-bouchon et son complice le décapsuleur… !!! Le choix d’un vieux broussard : Le SwissTool Plus de chez Victorinox ! Avec sa clef à pipe sur laquelle s’adaptent les types principaux de tournevis. (J’en ai rajouté deux longs). Image ci-dessous, toutes lames déployées... Même bien plus au nord, il n'a rien perdu de son utilité !!! A noter au centre de l'image, la clef pour vis de lunettes Ray-Ban intégrée dans le tire-bouchon. Si ça ce n'est pas classe !!!
L'affûtage :
Un couteau qui ne coupe pas est dangereux.
Il est toujours agréable d'avoir une lame parfaitement affûtée, tenant bien le fil, assurant pendant longtemps une coupe aisée. Les matériels d'affûtage sont légion. De la pierre naturelle ou reconstituée à la céramique en passant par les fusils, pierres diamantées et autres accessoires. Si une lame d'Opinel pourra à la rigueur se satisfaire d'un passage sommaire à la "pierre" de type Corindon, il n'en ira pas de même pour des lames de couteaux finlandais ou de couteaux haut de gamme exigeant un fini bien plus précis. Nul besoin de s'étaler ici sur les pierres naturelles dont l'utilisation est à la fois largement répandue et connue.
De type bloc parrallélipipédique ou papillon, les pierres diamantées donnent un bon affûtage. Parsemées de micro diamants, elles apparaissent comme une plaque "perforée". Il en existe de trois types : Bleues avec un gros grain, les rouges qui ont un grain moyen et les vertes au grain fin pour la finition. On affûte en poussant le fil vers l'avant, dos de la lame vers soi. Le bon angle est trouvé si l'on passe la lame sur la pierre comme si l'on voulait en découper une tranche. Il faut évidemment conserver la lame en contact étroit avec la "pierre". Les céramiques. Toute une gamme là aussi avec les concepts les plus divers. Sont généralement réservées à un affûtage de précision. En sus de pierres diamantées, j'utilisais une céramique Gerber dont image ci-dessous. Elle présente la particularité de posséder une face crantée pour le dégrossissage et une face lisse pour la finition. J'arrivais à obtenir un tranchant permettant de me raser... Légére, durable, efficace.
Dans tous les cas de figures, il faut affûter réguliérement une bonne lame, sans attendre que son tranchant soit trop détérioré.
Commentaires :
04/07/2007 - - Les couteaux
Le couteau parfait? il doit déja avoir des dents! c'est pourquoi déjà je m'occupe de faire mettre de belles dents à tous mes couteaux! celà me permet, enfin, d'avoir tjrs avec moi un couteau sur lequel je peux compter à 100%, sans plus me poser la moindre question! Tous mes couteaux, qui ont ainsi déjà été transformé, je les ai essayé sur le terrain (je suis survaillant forestier)et c'est concluant totalement: ils tranchent parfaitement toutes sortes de végétations, sans effort aucun! (et c'est ce que je demande à mes couteaux: trancher...bien plus que couper) J'en arrive à cette conclusion définitive: un couteau d'utilisation rurale, campeur et marin se doit d'avoir une lame dentelée...c'est Spyderco qui semble avoir compris cela le premier et ouvert le chemin! Je suis étonné que dans la coutellerie française, aucun concepteur ne songe à sortir, au minimum, un modèle dentelé! le Suisse Victorinox s'y est mis récemment avec les modèles Rescue, Nomad, Parachutist et Mariner! Enfin maintenant, j'ai des couteaux fiables, efficaces et....vraiment uniques! Passe voir mon blog que tu trouveras sur Google en entrant: COUTOFANA