L'exploitation aurifére est-elle un moyen de développement ?
Guyane, encore et toujours synonyme d’Eldorado…
Jungle martyrisée, corruption, meurtres, prostitution, drogue…Juste pour quelques tonnes d’or au profit de quelques-uns et pour le malheur des autres…
Le sous-sol guyanais contient de l’or en plus ou moins grande quantité selon les endroits. On parle de ceinture verte. La fameuse green belt…
Déjà au siècle dernier l’orpaillage faisait rage et concernait plus particulièrement l’or alluvionnaire avec des moyens de récolte pouvant apparaître comme désuets. De nos jours, les techniques d’extraction s’étant considérablement améliorées, l’or natif est désormais concerné.
Actuellement des hordes de garimpeiros sévissent en Guyane. Les faits sont là, incontestables. La vraie question n’est pas – du moins dans un premier temps - de savoir comment et pourquoi ils sont arrivés là, pas plus que de déterminer pour le compte de qui ils oeuvrent. Les dégâts qu’ils causent sont multiples :
Environnementaux bien sûr.
La casse est énorme. Le seuil de l’irréversible est atteint. Déforestation, pollution aux métaux lourds, pillage des ressources en gibier, destruction de la faune halieutiques, modification de la topographie des cours d’eau.
Sociales et politiques.
Il est désormais clairement établi qu’en Guyane, département français, terre de droit s’il en est, il est possible de faire n’importe quoi. Que le premier venu fraîchement débarqué ou non puisse s’essuyer les pieds sur le drapeau national n’est pas un fait nouveau et il y a bien un continuum en la matière. En Guyane, environ 30 000 garimpeiros clandestins saccagent, violent, pillent, tirent sur les hélicoptères et cassent du gendarme en toute impunité. Les taux de mercure chez les poissons aliments de base des populations amérindiennes augmentent dangereusement. Nous assistons maintenant aux premières naissances de bébés malformés. Pas grave ! Il est conseillé à ces habitants du pays des droits de l’homme de modifier leur régime alimentaire. Ben voyons… La solution est tellement simple qu’on se demande comment ces imbéciles n’y ont pas pensé plus tôt !
Les ministres se suivent sur les sites clandestins préalablement nettoyés. C’est qu’un ministre de la France ne saurait côtoyer de trop prés le garimpeiro de base ! C’est boueux, couvert de sueur ces gens-là ! Et puis, ils ont un tel casier judiciaire… De toute façon, ce n’est même pas dans la même langue ! Alors…
Après la sacro-sainte balade fluviale sur le Maroni (pirogue, soleil, Ray-Ban, chemisette, préfet, huiles administratives aux divers taux de viscosité), Sarko-Mickey débarque sur un site clandestin typique avec sa désolation à souhait. Très typique, quoi… Un barbecue en jungle sera-t-il organisé ? Toujours est-il qu’on brûle du carbet… Le ministre prend le micro servile qui lui est tendu et déclare que c’est la guerre. Un militaire répond qu’il peut compter sur l’armée.
Léon Bertrand, autre ministre affirme qu’il faudrait envoyer la légion. Je me dis que cette fois, c’est bien parti.
Michelle Alliot-Marie, la ministre de la Défense débarque quelques jours plus tard et dit qu’il est hors de question d’envoyer l’armée pour lutter contre l’orpaillage clandestin. COUAC ! Pour tenter de réaccorder les instruments quelque peu discordants de la fanfare gouvernementale, la camera servile de service montrera la destruction de deux petits moteurs. Ecran de fumée, c’est le cas de le dire…
Ce bordel est-il organisé ou avons-nous affaire à une bande d’incapables ? A qui ce crime contre l’environnement rapporte-t-il donc ?
QUESTIONS : Tout ne se passerait-il pas comme s'il existait une conjonction d'intêréts ? Comment ne pas penser à cette éventuallité au vu des ridicules moyens utilisés - la plupart du temps à grands renforts de medias - pour donner l'impression de lutter contre l'orpaillage clandestin ? Ce n'est pas avec une poignée de gendarmes peu préparés ni avec des cameras serviles et bien dociles qu'on en finira avec l'orpaillage ! On voudrait ne pas régler le probléme - pour cause de gros profits - que l'on ne s'y prendrait pas autrement ! Car à qui fera-t-on croire que c'est au garimpeiro de base, famélique à souhait, à qui les banques prêtent les yeux fermés de grosses sommes pour acheter des pelles mécaniques ou autres gros engins de TP ? Quel est LE parti politique avec une volonté farouche, une détermination AFFICHEE d'en terminer une bonne fois pour toute avec cette pantalonnade ? Où est l'homme politique qui osera montrer qu'il a des couilles en prônant les solutions qu'exige cette pathétique situation ?
Alors, TOUS COMPLICES ?
Il apparaît maintenant qu’un gros projet d’orpaillage légal est à l’étude.
Je me refuse à interférer directement ici dans un débat en cours et me limiterai à poser quelques interrogations.
Le développement durable est-il concerné par un tel projet ? Quelles sont les garanties apportées relativement à l’environnement ? Quel est l’impact réel de l’installation en Guyane d’une telle structure ? Quelles en sont les conséquences immédiates, à moyen et long terme ? Quand arrêtera-t-on de considérer les ressources du milieu naturel comme inépuisables ? Les populations auront-elles réellement leur mot à dire dans cette affaire ? Comment croire qu’un Etat se gargarisant d’être de droit pourra intervenir de façon efficace sur des légaux alors qu’il en est totalement incapable relativement à des illégaux agissant de façon criarde ? Pour l'instant - et comme d'habitude - l'entreprise fait le dos rond, assure que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. En face, une poignée de gens désorganisés ne l'entendent pas de cette oreille. A-t-on le droit de sacrifier sur l'autel douteux d'un progrés contestable une forêt - par définition renouvelable - contre un métal jaune qui lui, ne l'est pas ? Peut-on raisonnablement admettre qu'un développement durable soit remis en cause par une exploitation temporaire ?
Une grande partie de poker menteur a commencé. Actuellement, chacun se positionne, garde en réserve ou joue une carte, fourbit ses arguments. Vu de l'extérieur, il est permis de se demander quel est le niveau réel de sincérité des joueurs. Pour ma part, largement échaudé par les promesses politiques ou non, j'essaye de deviner les arriére-pensées, tant les déclarations des uns ou des autres me paraissent manquercruellement de crédibilité.
D'un côté, une puissante compagnie industrielle dont la motivation est principalement économique et qui se veut rassurante quant aux retombées qu'aurait son activité en terme d'environnement. Elle a fait ses calculs, un bilan prévisionnel est sait qu'il y a du fric à se faire.
De l'autre, des organisations de protection de la nature pas toujours bien organisées. Des populations tranquilles pas du tout habituées à ce genre de probléme et sur qui la nouvelle de ce projet s'est abattue brutalement.
Et là-dedans, gravitant autour de la table de jeu, un magma de politiques dont il est permis de douter de la sincérité, tout du moins de la mettre à l'épreuve des faits. Leur but est clair : Il faut faire monter les enchéres. Car je n'aurai pas l'angélisme de croire qu'un seul d'entre eux luttera énergiquement contre une société industrielle pour sauver quelques hectares de jungle réputée hostile...
Une bonne question à se poser me semble-t-il est donc de savoir jusqu'où chacun est prêt à aller, quel sera le prix à payer, qui lâchera et à quel moment, de quel côté penchera la balance. Car il m'apparaît évident qu'à un moment donné, le mode de vie des locaux concernés, additionné à la chlorophylle et aux petits oiseaux y nichant devraient être passés sous silence, gommés. Au nom du baratin habituel que sont intérêts économiques, le progrés, les emplois générés, le développement de la Guyane, etc.
Au fait, grand(s) chef(s) ou directeur(s), c'est quoi le plus important à tes yeux ? Ca ?
Ou ça ?
Ou peut-être ça ?
Tu as posé la question à ton petit-fils ? Tu devrais lui demander, car des questions, c'est lui qui risque de t'en poser. Bientôt...